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Demain matin, Montréal m'attend : époque et propos ont plus ou moins bien vieilli

Après Belle-Sœurs et Le Chant de Sainte Carmen de la Main, le metteur en scène René-Richard Cyr revisite une fois de plus l'œuvre de Michel Tremblay appuyé par la musique de l'Ottavien François Dompierre. Or, Demain matin, Montréal m'attend balance entre époque et propos ayant plus ou moins bien vieilli.

Une critique de Martin Vanasse

La comédie musicale, présentée à guichets fermés à Gatineau ce soir et jeudi, nous plonge dans le Montréal des années 60 avec ses cabarets et ses boîtes de nuit pas toujours fréquentables de la rue Main. Si l’action se déroule dans un passé qui nous semble un peu vieillot, le texte de Michel Tremblay, lui, évoque une quête toujours actuelle : celle de la célébrité.

Louise Tétrault remporte un concours de chant amateur et décide de quitter son emploi de serveuse dans le bled perdu de Saint-Martin, son trophée Lucille-Dumont sous le bras.

Remplie d’espoir, la jeune femme (la rafraîchissante et nouvelle venue Marie-Andrée Lemieux) aspire à devenir une vedette dans la grande ville. Elle compte d'ailleurs sur son aînée Rita (la Gatinoise Hélène Bourgeois Leclerc), qui se produit sur les scènes de la métropole sous le nom de Lola Lee, pour y parvenir.

Personnages entre jalousie et fragilité

Cette dernière, « pas-si-grande-vedette-que-ça » ne sera pas tendre envers sa jeune sœur en lui montrant l’envers de la médaille. Pour la prévenir de ce qui l’attend? Peut-être. Mais surtout pour ne pas se faire voler son trône...

Par le biais de cette virée en ville, on fait la connaissance de personnages plus colorés et écorchés les uns et que les autres, tiraillés par la jalousie et la trahison. Ils se lancent des répliques assassines pour cacher toute leur fragilité et leur mal de vivre. Parce que lorsque les projecteurs s’éteignent, leur réalité s'avère tout autre.

Le metteur en scène René Richard Cyr a justement choisi d’utiliser une scène de cabaret pour mettre en lumière leurs joies et leurs peines, sans tomber dans l’excès ou le pathos. Tous les personnages viennent y faire leur numéro.

Benoit McGinnis, Laurent Paquin et Kathleen Fortin brillent

Trois d'entre eux volent la vedette.

D'abord, Benoit McGinnis, en journaliste à potin et pastiche de Michel Girouard, offre une solide et désopilante performance, et distribue les vacheries avec beaucoup de mordant.

Ensuite, dans un registre plus dramatique, Laurent Paquin s'avère méconnaissable et, surtout, fort touchant en sensible Duchesse de Langeais.

Puis, Kathleen Fortin, tout en voix et en contrôle, incarne avec aplomb la tenancière Betty Bird, une sorte de roc à l’extérieur, mais fissuré à l’intérieur.

La durée du spectacle (1 h 50 min, sans entracte) représente néanmoins un défi pour le spectateur. De plus, le propos et certaines références sont figés dans le passé.

Cela dit, toute la distribution, accompagnée de cinq musiciens et de huit chanteurs-danseurs, offre un très bon divertissement au public, qui pourrait donc repartir en fredonnant le refrain velcro de Demain matin, Montréal m’attend

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