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Le dire de Di de Michel Ouellette s'incarne à Ottawa

Après une première au Théâtre français de Toronto, la pièce Le dire de Di du Franco-Ontarien Michel Ouellette prend maintenant l'affiche au Centre national des arts d'Ottawa jusqu'au 3 février. Une parole qui a bien failli ne jamais être entendue du public.

Un texte de Marie-Ève DuSablon

Michel Ouellette le confie d'emblée : il a d'abord cru que Le dire de Di allait rester confidentiel, dans l'un de ses tiroirs.

« Ça a été un travail d'écriture sans censure, de plongée, de laisser aller, aussi. Tout le long, je me disais : "De toute façon, je n'écris pas pour un public, je n'écris pas pour personne, parce ce que texte-là, probablement, n'aboutira nulle part, il va rester sur le papier." »

Di se dit, sous forme de conte

À travers la poésie et la nature, Di, le seul et unique personnage du texte, se livre d'un seul souffle. À 16 ans, elle habite un univers perdu entre champs et forêts assez restreint, sous le regard de six personnes seulement. Or, d’énormes machines minières viendront bousculer ses désirs, et des secrets, rompre ce fragile équilibre.

Le dire de Di est en fait un conte, une fable qui oscille entre la réalité en abordant des sujets complexes tels la déforestation, l'expropriation et les familles raboutées, tout en ajoutant une touche de merveilleux et d’irréel.

Or, après avoir réclamer de s'écrier sur la page, Di a exigé de se faire entendre haut et fort sur une scène. Et c'est la comédienne Marie-Ève Fontaine qui lui prête corps et voix.

Cette dernière se souvient d'avoir éprouvé un coup de coeur, presque un coup au ventre, en fait, lorsqu'elle a découvert le texte de Michel Ouellette.

« C’est une personne authentique, sans jugement en raison de son détachement avec les autres », explique Marie-Ève Fontaine.

Le Franco-Ontarien et metteur en scène Joël Beddows, jumelé au jeu inspirant de la comédienne Marie-Ève Fontaine, ont su rendre justice à ses mots, selon lui.

« Ça m'amène ailleurs. Ça me permet de découvrir d’autres aspects du texte », souligne-t-il. « Ça devient un peu magique, parce que ça me sort de moi. Ce n'est plus moi. »

Et pourtant, avec le recul que lui permet la production sur son oeuvre, Michel Ouellette arrive au constat que Di, c'est lui.

« Je vois toutes les traces de moi, dans ce personnage, avoue le principal intéressé. Il y a beaucoup, là-dedans, de lié à l'enfance, à la jeunesse, à être proche de la nature, au nord de l'Ontario. Il y a une bonne partie de souvenirs, aussi, une certaine indignation aussi face à des injustices dans le monde. Tout ça ressort à travers le personnage, mais je vois bien aussi que c'est aussi moi, beaucoup. [...] C'est des trucs qui sont aussi beaucoup dans mon corps à moi. »

Ce texte est aujourd'hui aussi publié aux Éditions Prise de parole.

Avec la collaboration de Valérie Lessard

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