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Les muses orphelines, ou quatre façons de survivre à l'abandon maternel

Les muses orphelines, la pièce de l'auteur québécois Michel-Marc Bouchard, prend l'affiche au Théâtre de l'Île ce soir. Pour les comédiennes Maxine Turcotte et Magali Lemèle, le spectacle est l'occasion de jouer des personnages qui les habitent depuis deux décennies.

Un texte de Kevin Sweet

Les muses orphelines raconte l'histoire des Tanguay, une famille éclatée de quatre enfants qui se retrouvent à la suite de l'invitation d'Isabelle, la cadette, qui souffre d'une déficience intellectuelle. Ce qu'elle ne leur dit pas, c'est qu'ils sont tous réunis pour revoir leur mère, qui les a abandonnés 20 ans plus tôt. Une fois révélée, la vérité fait éclater les secrets de famille au grand jour.

Découverte et retrouvailles

Maxine Turcotte, qui célèbre ses 25 ans de carrière cette année, a enfin la possibilité de jouer Catherine, l'aînée qui s’est retrouvée, du jour au lendemain, en charge de sa jeune soeur handicapée. La comédienne souhaitait incarner ce personnage depuis ses débuts.

« Pour moi, c’était vraiment important qu’on sente sa fragilité. Si elle est comme ça, c’est parce qu’elle aussi est excessivement blessée », explique-t-elle.

Pour Magali Lemèle, la pièce est plutôt un moment de retrouvailles. Il y a 20 ans, elle avait incarné le personnage d’Isabelle. Cette fois, elle monte sur scène dans la peau de Martine, une militaire. La comédienne y voit des parallèles avec sa propre vie, et une occasion de ressentir et porter le propos du texte différemment.

« Mon parcours, c’est ça. J’en ai vécu des hauts et des bas. Mon rapport au texte n’est pas le même. Mon rapport à la famille n’est pas le même non plus. Il y a un rapport à la famille que j’ai maintenant que je n’avais pas, il y a 20 ans », confie-t-elle.

Un coup de coeur pour Kira Ehlers

Les muses orphelines n’a pas seulement frappé l’imaginaire des deux actrices, mais aussi celui de la metteure en scène Kira Elhers. Cette dernière a vu la pièce pour la première fois en 1995, alors qu’elle faisait ses études en théâtre.

La déficience intellectuelle écartée

Dans le texte de Michel Marc Bouchard, on surnomme le personnage d’Isabelle « la mongole », parce qu’elle souffre d’une déficience intellectuelle. Il est important de préciser que l’histoire se déroule dans les années 1960 et que l’action se déroule à Saint-Ludger-de-Milot, au Lac-Saint-Jean.

En 2018, la metteure en scène au Théâtre de l’Île n’a pas voulu mettre d’emphase sur le handicap de la benjamine de la famille.

« On a décidé qu’Isabelle a un manque de vécu et d’éducation. Est-ce qu’elle a un problème mental ? Peut-être. Mais on a voulu souligner le manque d’amour qu’elle a autour d’elle », explique Kira Elhers.

« J’ai voulu trouver les nuances et la façon de communiquer les choses dans la vérité. »

Les comédiens Frédérique Thérien et Alexandre David Gagnon complètent la distribution.

Les muses orphelines, c’est le drame d'une famille qui risque de soulever bien des questions au sein de la vôtre.

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