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En campagne dans le Pontiac : enjeux similaires, mais stratégie de séduction différente

EN PROFONDEUR - En regardant la carte illustrant les résultats du vote aux élections fédérales de 2011 dans la circonscription de Pontiac, on constate une division nette entre le vote urbain et le vote rural. Si les organisations politiques identifient des enjeux qui se recoupent, les stratégies employées pour faire pencher la balance diffèrent.

Avec des informations de Laurie Trudel pour l'émission Les voies du retour

Un coup d'oeil à la carte permet de constater que le Nouveau Parti démocratique (NPD) est arrivé en tête dans les bureaux de vote de la couronne périurbaine de Gatineau et dans le nord-est de la circonscription.

Par contre, dans les secteurs situés plus à l'ouest, qui sont davantage ruraux, le candidat du Parti conservateur (PC) est arrivé premier dans les scrutins locaux, parfois avec une marge assez confortable.

Soulignons que le Parti libéral du Canada (PLC) est sorti premier seulement dans un seul bureau, situé à la limite de la circonscription de l'Abitibi-Témiscamingue.

Les résultats pour le nord-ouest de la circonscription ne sont pas disponibles.

La stratégie de chaque parti

D'entrée de jeu, le candidat du Parti libéral dans la circonscription de Pontiac, William Amos, qualifie le scrutin de 2011 « d'anomalie », avec un « effet Layton » déterminant.

Selon lui, c'est une région qui vote en majorité pour les libéraux depuis les années 1960. Son équipe se concentre sur les résultats par bureau des cinq dernières élections. Il croit qu'il y a des opportunités à saisir partout.

M. Amos révèle que l'analyse de ces données démontre que le NPD a surtout pris des votes au Bloc québécois, ce qui ouvre des perspectives intéressantes pour les troupes de Justin Trudeau, selon lui.

William Amos avance une explication : le discours fédéraliste plaît à la population anglophone du Pontiac, qui serait préoccupée par les effets de la politique du NPD sur l'économie.

De son côté, le candidat du Parti conservateur (PC) dans la circonscription de Pontiac, Benjamin Woodman, constate que le PC reçoit beaucoup de soutien en milieu urbain comme en milieu rural.

En considérant les résultats des élections passées, il dit ne pas vouloir privilégier un secteur au détriment d'un autre.

M. Woodman soutient qu'il veut travailler pour toute la circonscription. Il affirme être présent sur le terrain et parler avec tout le monde.

Comme ses adversaires, le député sortant et candidat du NPD, Mathieu Ravignat, explique qu'il essaye d'être le plus rassembleur possible.

Il admet néanmoins déployer des efforts supplémentaires pour s'assurer du vote en milieu rural, par exemple en participant à des événements ou à des rassemblements durant lesquels il a de grandes chances de rencontrer les citoyens de ces secteurs.

Les enjeux dans le Pontiac

Tous les candidats à qui Radio-Canada a parlé font de l'économie un enjeu central.

D'après William Amos, le chômage est un enjeu très important dans le nord et l'ouest de la circonscription. Mais dans le sud, les citoyens sont très préoccupés par leur qualité de vie, selon lui, notamment ceux de la classe moyenne, qui est très touchée par les compressions dans les services publics.

Selon Benjamin Woodman, le thème de l'économie revient dans toutes les discussions qu'il a sur le terrain avec les citoyens.

Il croit d'ailleurs que le message de son parti et les mesures de réductions des impôts promises plaisent beaucoup aux électeurs.

Enfin, Mathieu Ravignat ajoute que si l'économie est un enjeu commun, la santé et l'accès aux soins ne sont pas à négliger.

Quand il se rend en zone rurale, il s'assure aussi de parler de ce qui touche les agriculteurs, les travailleurs saisonniers et l'industrie forestière.

M. Ravignat souligne par ailleurs qu'il ne manque pas une occasion de parler de logement abordable et de la fonction publique quand il se déplace sur le Plateau, à Gatineau, par exemple.

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