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EN PRIMEUR - Le CISSS de l'Outaouais enregistre un déficit pour la première moitié de 2015

Six mois après sa création, le Centre intégré de santé et des services sociaux de l'Outaouais (CISSS de l'Outaouais) accuse un déficit. 

Un texte de Pascale-Marie Dufour

La mise en place d'un budget serré et l'imposition de 32 millions de dollars de compressions budgétaires au printemps dernier devaient permettre à l'organisme de terminer sa première année d'existence avec un budget équilibré. Mais l'institution accuse un manque à gagner de 3,9 millions de dollars.

Le PDG, Jean Hébert, explique qu'une partie des compressions annoncées au printemps dernier n'ont pas pu être implantées comme prévu, soit pour des raisons administratives, soit parce qu'elles touchaient directement les services de santé offerts à la population.

Redresser la situation rapidement

Le CISSS de l'Outaouais devra rapidement déterminer les secteurs où des économies sont possibles. Sinon l'organisme, créé dans un climat d'austérité très sévère, risque de terminer sa première année avec un déficit de 8 millions de dollars. Le PDG repousse un tel scénario.

« On doit identifier des mesures pour retrouver l'équilibre. Si on n'est pas capable, on met en place les mesures et il va falloir qu'on trouve des mesures supplémentaires pour atteindre l'équilibre », souligne Jean Hébert. « Notre objectif, c'est toujours de maintenir un budget équilibré à la fin de l'année. On maintient le cap. »

Hébert : pas de coupes dans les services

Jean Hébert demeure opiniâtre : pas question de réduire les services de santé. Ce sont les balises à respecter.

Il croit toujours possible de trouver de nouvelles façons moins coûteuses de maintenir les services à la population. Les secteurs qui seront touchés par ce redressement financier seront déterminés rapidement.

« Pour nous autres, c'est une priorité. Donc, on peut revoir les pratiques cliniques. On regarde ce qui se fait dans d'autres établissements comparables, puis on est capable de voir comment s'améliorer pour baisser le coût », explique M. Hébert.

La direction de l'institution estime avoir réussi un tour de force en implantant en l'espace de quelques mois une nouvelle structure de gestion dans le milieu de la santé, tout en maintenant l'accès aux services et leur qualité.

Jean Hébert avance qu'il faudra toutefois patienter jusqu'à l'année prochaine, avant de percevoir une amélioration des soins de santé offerts à la population.

Un déficit inquiétant pour les syndicats

Ce constat brutal inquiète fortement les syndicats, qui ont une autre vision de la situation.

« C'est certain qu'on voit que le ministre de la Santé est en train de détruire le système de santé qu'on a monté marche par marche au cours des 30 dernières années », lance la présidente du Syndicat des professionnels en soins infirmiers et cardiorespiratoires de l'ancien CSSSG, Lyne Plante.

L'inquiétude est également palpable auprès des membres du Syndicat des travailleurs et travailleuses de la santé CSN, qui regroupe, entre autres, les préposés aux bénéficiaires.

« On est tous inquiets. Est-ce que c'est encore des coupures de postes? Est-ce que c'est encore les services à la population qu'on va diminuer et qu'on a déjà diminués beaucoup? Je pense que c'est l'inquiétude que nos membres nous ont transmise », souligne la présidente du syndicat, Josée McMillan.

Le CISSS de l'Outaouais a maintenant six mois pour redresser sa situation financière, soit jusqu'au 31 mars 2016.

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