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En route vers Paris Climat, ce que Kathleen Wynne apporte dans ses bagages

BILLET - Il n'était pas question pour la première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, d'arriver les mains vides à la conférence de Paris sur le climat. Elle a présenté en grande pompe cette semaine la stratégie de l'Ontario pour lutter contre le réchauffement climatique.

Un texte d'Alex Boissonneault

Accompagnée d'une dizaine de députés et de ministres, Kathleen Wynne a répété l'objectif de la province de réduire de 80 % ses émissions de gaz à effet de serre sous les niveaux de 1990, et ce, d'ici 2050. Une cible ambitieuse qui exigera des sacrifices, reconnaît la première ministre, qui ajoute que « de ne pas agir coûterait encore plus cher aux Ontariens ».

La délégation ontarienne a peut-être une stratégie « à long terme », mais concrètement, ce sont surtout de bonnes intentions que Kathleen Wynne emporte à Paris. Il suffit de lire le document présenté par le gouvernement pour comprendre qu'il s'agit davantage d'un exercice de relations publiques que d'un véritable plan d'action.

Le public apprend, par exemple, que le gouvernement de l'Ontario déposera « un projet de loi concernant le changement climatique » et qu'il compte « intégrer des mesures d'atténuation du changement climatique » dans ses prises de décisions. Bravo pour le style.

Beaucoup de questions, peu de réponses

Le ministre de l'Environnement et de l'Action en matière de changement climatique, Glen Murray, imagine des voitures électriques en grand nombre, desservies par un vaste réseau de bornes de recharge, des immeubles écologiques, un transport en commun efficace, une économie fondée sur le principe du pollueur-payeur. Un pas encore loin d'être franchi entre le rêve et la réalité.

Les voitures électriques existent, mais elles sont rarement abordables, et leur autonomie est souvent limitée. Comment résoudre ce problème? La Norvège, où 20 % des voitures vendues sont électriques, a prouvé que le changement est possible.

Le même modèle peut-il s'appliquer en Ontario? Comment encourager l'utilisation d'un transport en commun, miné par les pannes fréquentes à Toronto, et presque inexistant dans les régions rurales?

Comment s'assurer que l'industrie ne sera pas effrayée par le programme ontarien de lutte au changement climatique? Et surtout, comment la province paiera-t-elle pour tous les sacrifices que cet effort collectif exigera?

Le chemin parcouru

Il serait injuste, toutefois, de dire que le gouvernement libéral n'a rien fait pour l'environnement. À certains égards, il a même fait preuve d'audace, me disait Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la chaire de gestion du secteur de l'énergie à HEC Montréal. N'oublions pas que l'Ontario a fermé toutes ses centrales au charbon, une première en Amérique du Nord.

N'oublions pas non plus que la province s'est engagée à se joindre au système de plafonnement et d'échange de droits d'émissions de gaz à effet de serre mis en place par le Québec et la Californie, que ce marché du carbone devrait être fonctionnel dès 2017 et qu'il devrait rapporter 2 milliards de dollars. Une somme que le gouvernement promet d'investir pour réduire encore davantage son empreinte écologique.

Pourtant, comme le note le professeur Pierre-Olivier Pineau, ces mesures ne suffiront pas pour atteindre les objectifs de réduction des GES de la province. Il faut faire plus, et il faut faire vite. Pour respecter ses engagements, le ministre Glen Murray doit trouver une façon de réduire de 15 % les émissions de l'Ontario d'ici 2020 par rapport à 1990.

Le plan quinquennal qu'il a promis de présenter l'année prochaine devrait dire comment il compte y arriver, mais nous savons déjà qu'il a du pain sur la planche.

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