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Enquête nationale sur les femmes autochtones tuées ou disparues : un brin d'amertume à Kitigan Zibi

À Kitigan Zibi, au nord de Gatineau, si l'annonce d'une commission d'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées est bien accueillie, il subsiste tout de même un brin d'amertume.

Les dernières commissions d'enquête n'ont pas eu les effets escomptés sur les communautés autochtones.

Difficile de crier victoire dans cette collectivité, encore hantée par des disparitions, aux dires de Laurie Odjick, mère d'une jeune Algonquine disparue en 2008.

Sa fille, Maisy Odjick, et Shannon Alexander n'ont jamais été revues dans leur communauté de Kitigan Zibi.

La réserve est directement touchée par l'enquête nationale, qui permettrait d'éclaircir les circonstances de ces disparitions, selon ces femmes autochtones.

« C'est difficile, chaque jour, de ne pas savoir ce qu'il lui est arrivé », affirme une proche de la disparue. « Nous allons finalement connaître la vérité », croit une autre.

Des changements sont attendus depuis bien longtemps, selon l'ancien chef du conseil de bande de Kitigan Zibi, Gilbert Whiteduck.

Les détails de la commission

La première partie de la commission d'enquête publique indépendante s'ouvrira le 1er septembre et se poursuivra jusqu'au 31 décembre 2018. Elle sera dotée d'un budget de 53,8 millions de dollars, soit 13,8 millions de plus que ce qui était annoncé jusqu'ici.

En vertu de la Loi sur les enquêtes, la commission d'enquête aura le pouvoir d'assigner des témoins et de les contraindre à déposer des preuves. Elle pourra aussi exiger tout document officiel qu'elle jugera pertinent pour le déroulement de ses travaux.

La commission ne pourra cependant pas engager la responsabilité criminelle ou civile d'un individu. Si des faits sur un cas particulier émergent, ils pourront cependant être transmis à un corps de police ou à un procureur général.

La communauté de Kitigan Zibi souhaite de son côté voir des actions et recevoir des réponses pour finalement entamer une guérison de ses blessures toujours aussi vives aujourd'hui.

Selon le reportage de la journaliste Andréanne Apablaza

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