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Enquête publique du coroner dans la mort de Brandon Maurice : un expert critique le travail des policiers impliqués

Dans le cadre de l'enquête publique du coroner sur la mort de Brandon Maurice, l'expert-conseil en emploi de la force Bruno Poulin a témoigné que Frédéric Fortier, l'agent qui a fait feu sur le jeune de 17 ans en novembre 2015, avait lui-même mis sa vie en danger en ne respectant pas les normes en matière d'approche d'un véhicule suspect.

Un texte de Laurie Trudel

Plusieurs éléments de la formation des policiers n’auraient pas été respectés dans cette opération, qui s’est terminée par la mort de l'adolescent de 17 ans, selon l’expert.

Selon les bonnes pratiques, les agents auraient dû éteindre la sirène de leur véhicule pour bien se faire entendre par les suspects, une fois la poursuite en voiture terminée et les véhicules immobilisés, ce qui n’a pas été fait.

Ils auraient aussi dû, selon M. Poulin, se tenir à une plus grande distance du véhicule, pour ne pas se faire surprendre par les fuyards.

« Un véhicule qu’on considère dangereux, on va garder deux à trois distances de longueur de véhicule pour ne pas se faire prendre au dépourvu. Les agents n’avaient plus de marge de manœuvre. À ce moment-là, ils devaient sortir du véhicule » a souligné l'expert. « L’absence de distance entre les véhicules empêche le temps de réaction des agents [et] empêche d’analyser la situation. »

Bruno Poulin condamne la décision de l’agent Frédéric Fortier de s’approcher du conducteur en marchant, de briser la vitre du véhicule et de tenter d’ouvrir la portière, comme il l’a fait, avec les mains encombrées. L’une tenait sa lampe de poche, l’autre son arme de service prête à tirer. « Ce n’était pas une bonne option », a-t-il déclaré. Fracasser la fenêtre du véhicule est « totalement inconciliable avec la formation », selon M. Poulin.

« On ne pénètre pas dans un véhicule, c’est dit et redit qu’on n’entre pas dans un véhicule qui peut repartir, et pas avec une arme dans les mains », a-t-il expliqué au coroner.

« Le principe de base, c’est qu’on ne manipule pas un individu avec une arme dans les mains », a soutenu l'expert-conseil.

Bruno Poulin a soumis deux suggestions de recommandations au coroner à la lumière des témoignages de l’enquête publique. Selon lui, il faudrait d'abord analyser la pertinence de fournir une formation avancée en premiers soins aux agents, notamment pour les blessures par balle. Il ne peut pas se prononcer à savoir si cette formation aurait faire une différence pour Brandon Maurice, mais il affirme qu’elle peut sauver « beaucoup de vies ».

M. Poulin pense aussi qu'il serait nécessaire de sensibiliser à nouveau les policiers de la Sûreté du Québec (SQ) aux risques inhérents d’approcher un véhicule suspect.

Les deux agents impliqués dans cette intervention qui a mal tourné, Frédéric Fortier et Dave Constantin, ont été blanchis. Aucune accusation criminelle n’a été portée contre eux, à la lumière de l’enquête indépendante effectuée par le Service de police de la Ville de Montréal.

L’avocat des deux policiers et celui de la SQ vont maintenant réfléchir à la possibilité de faire entendre un autre expert en emploi de la force. Ils doivent faire parvenir la réponse d’ici les 30 prochains jours au coroner en chef adjoint, Luc Malouin.

Me Luc Malouin a déjà indiqué qu’il aura des recommandations à faire dans son rapport pour une meilleure protection de la vie humaine, à la lumière des témoignages entendus cette semaine au palais de justice de Gatineau.

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