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Entraîneurs de la LHJMQ : le CH ne cultive plus son jardin

BILLET - Même si ça en a tout l'air, ceci n'est pas une chronique de hockey junior. Il s'agit plutôt d'une chronique d'horticulture qui a pour thème Quel genre de jardin Marc Bergevin cultive-t-il?

Un texte de Martin Leclerc

Lundi, les Voltigeurs de Drummondville ont embauché Dominique Ducharme à titre d'entraîneur en chef et de directeur général. Ducharme rêve de faire carrière chez les professionnels, mais les invitations ne viennent pas encore.

En 2012-2013, à l'âge de 40 ans, Ducharme a remporté la Coupe Memorial à la barre des Mooseheads d'Halifax. Au cours des cinq dernières années, ce jeune entraîneur a fortement contribué, entre autres, à la formation et au développement de Nathan MacKinnon, Jonathan Drouin et Nikolaj Ehlers, des choix de premier tour qui sont tous promis à un fort bel avenir dans la LNH.

Partout au pays, et non seulement au Québec, Dominique Ducharme est reconnu comme l'un des plus brillants entraîneurs de sa génération. D'ici quelques semaines, il est d'ailleurs tout à fait probable qu'il soit nommé entraîneur-chef d'Équipe Canada junior. Selon les informations recueillies, Ducharme, qui était entraîneur adjoint avec ECJ l'hiver dernier, a vivement impressionné les dirigeants de Hockey Canada qui ont interviewé les candidats en lice pour le prochain Championnat du monde junior.

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Au cours des dernières semaines, des rumeurs ont circulé selon lesquelles Dominique Ducharme avait été pressenti pour succéder à son ami Joël Bouchard à la barre de l'Armada de Blainville-Boisbriand.

Pourquoi Joël Bouchard aurait-il quitté une organisation qu'il a bâtie de toute pièce et qui connaît, année après année, d'impressionnants succès dans la LHJMQ?  Parce qu'il travaille dans le giron de Québecor.

Plusieurs initiés croient que le jour où Québecor obtiendra une concession de la LNH, c'est Joël Bouchard qui aura pour mandat d'assembler une équipe de recruteurs et de préparer le repêchage de l'expansion qui donnera naissance à la nouvelle mouture des Nordiques de Québec.

« C'est la seule raison pour laquelle Joël quitterait les commandes de l'Armada. Cette organisation, c'est son bébé », dit une éminence de la LHJMQ.

Joël Bouchard a joué dans la LNH, fait sa marque comme entraîneur depuis son arrivée dans la LHJMQ et est en train de gravir les échelons au sein de Hockey Canada. Depuis quelques années, ce Montréalais s'implique beaucoup dans la fédération canadienne, notamment pour favoriser l'immersion des joueurs francophones dès leur arrivée dans la structure de développement de l'équipe nationale.

Selon diverses sources, il se pourrait même que Bouchard obtienne un poste de direction avec Équipe Canada junior en vue du prochain mondial, dont la finale sera disputée à Montréal. Il pourrait ainsi faire équipe avec son ami Dominique Ducharme.

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Pendant ce temps, à Gatineau, Benoît Groulx est prêt à faire un saut définitif dans les rangs professionnels.

Entraîneur le plus titré de l'histoire de la LHJMQ, le DG et entraîneur en chef des Olympiques de Gatineau a été placé aux commandes d'ECJ durant l'été 2014. Et en janvier 2015, sa formation a mis fin à une disette de cinq ans sur la scène internationale en décrochant la médaille d'or.

Benoît Groulx n'a plus rien à apprendre ni à prouver dans les rangs juniors. En plus, il compte déjà deux saisons d'expérience chez les professionnels puisqu'il a dirigé les Americans de Rochester de 2008 à 2010.

Que devra-t-il faire de plus pour que quelqu'un lui donne l'occasion de gravir les échelons du hockey professionnel?

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Quand je demande aux directeurs généraux de la LHJMQ d'identifier les meilleurs hommes de hockey du circuit junior québécois, ce sont toujours les noms de Groulx, Ducharme et Bouchard qui sont mentionnés.

Et ce verdict semble être confirmé par les responsabilités qu'obtiennent ou qu'ont obtenu les membres de cet excellent trio au cours des dernières années.

Lorsqu'on regarde les parcours exceptionnels de ces trois entraîneurs de carrière, il est permis de se demander si Marc Bergevin s'intéresse à ce qui pousse dans sa cour.

La proximité du Canadien avec un bassin d'entraîneurs hautement compétents, dynamiques et avant-gardistes constitue un incroyable avantage compétitif pour l'organisation.

Lorsqu'on jette un coup d'œil à la liste des lauréats du trophée Jack-Adams, on constate que 4 des 10 derniers gagnants provenaient de la LHJMQ.

Au printemps 2012, dans les semaines précédant la nomination de Marc Bergevin à la tête du CH, les hommes de hockey de la LHJMQ étaient fébriles.

Après avoir été ignorés par Bob Gainey et Pierre Gauthier pendant près d'une décennie, ils espéraient voir débarquer au Centre Bell un jeune DG qui allait se faire un devoir de se brancher sur le hockey junior québécois et d'en extraire toute l'expertise.

Or, parmi toutes les embauches faites pour le département hockey du CH au cours des quatre dernières années (recruteurs, responsables du développement, entraîneurs, etc.) on retrouve seulement deux personnes qui provenaient directement de la LHJMQ : Donald Dufresne (entraîneur adjoint avec les IceCaps de Saint-Jean) et Marco Marciano (qui porte le titre de coordonnateur vidéo des IceCaps, mais qui seconde aussi Vincent Riendeau à titre d'entraîneur des gardiens du club-école).

À Toronto, les Maple Leafs ont fait exactement le contraire. Lorsqu'il a entrepris la spectaculaire reconstruction de son organisation, dont toute la philosophie repose sur a qualité du recrutement, Brendan Shanahan s'est assuré d'embaucher les meilleurs cerveaux de la Ligue junior de l'Ontario. 

Il y a une jeune génération et des talents incroyables qui fourbissent leurs armes dans la LHJMQ. Mais incroyablement, les liens étroits qui unissaient le Tricolore au hockey junior québécois avant l'arrivée aux commandes de Bob Gainey, en 2003, ne semblent toujours pas rétablis. Et ce n'est pas une bonne stratégie.

À toute épreuve, le blogue de Martin Leclerc.

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