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Est-ce encore utile d’apprendre à écrire en lettres attachées?

Alors que les écoles un peu partout au Canada et aux États-Unis délaissent les lettres attachées, le Conseil scolaire Viamonde dans le sud de l'Ontario n'enseignera que l'écriture cursive à ses élèves de 1re année à partir de septembre.

Dans un monde dominé par les ordinateurs et les caractères d'imprimerie, les bonnes vieilles lettres attachées ont toujours leur raison d’être, selon la surintendante de Viamonde Sylvie Longo.

[Avec les lettres attachées,] l’espacement entre les lettres et entre les mots est mieux respecté par l’enfant, l’inversion des lettres [comme b et d] est moins présente aussi.

Sylvie Longo, surintendante au Conseil Viamonde

Politiques variées

Alors qu’au Québec le ministère de l’Éducation laisse l’enseignement des lettres attachées « au choix » des écoles, l’Ontario « s’attend » à ce que ses élèves « maîtrisent » cette forme d’écriture en 5e année.

Toutefois, au Conseil public anglais de Toronto (TDSB) – la plus grosse commission scolaire au pays - seuls certains enseignants montrent toujours la cursive en classe, indique son porte-parole Ryan Bird.

Avec l’usage grandissant des technologies et la nécessité de bien savoir écrire au clavier, l’écriture cursive ne retient plus l’attention comme il y a des années.

Ryan Bird, porte-parole de TDSB

De son côté, le Conseil scolaire de district catholique Centre-Sud (CSDCCS) dans le sud de l’Ontario « n’a pas de directive administrative concernant l'enseignement de l'écriture cursive », ajoutant qu’il « s'agit de pratiques déterminées par les écoles ».

Parents en faveur

La mère de famille de Toronto Lisette Mallet se rappelle que l’apprentissage de la cursive a été « assez difficile » pour ses deux garçons.

Néanmoins, elle prône le maintien de l’enseignement des lettres attachées.

À un moment donné, il faut que la personne apprenne à signer son nom.

Lisette Mallet, mère de famille

De son côté, Anne Godbout raconte que ses deux filles étaient « fières » de lui montrer leurs lettres attachées, mais que l’enseignement de la cursive a vite été remplacé par d’autres matières à leur école de Toronto.

Quand [mes filles] écrivent à la main [plutôt qu’au clavier], elles ont tendance davantage à se rappeler de ce qu’elles sont en train de faire ou d’étudier et elles portent plus attention à leur orthographe, à leur grammaire.

Anne Godbout, mère de Toronto

Experts partagés

Qu’en pensent les experts? « Il n’y a pas de recherches qui nous indiquent qu’un style [d’écriture] est meilleur que l’autre », affirme la professeure Natalie Lavoie de l’Université du Québec à Rimouski (voir la vidéo ci-dessus).

La titulaire de la Chaire de recherche sur la persévérance scolaire et la littératie à l’UQAR ajoute, toutefois, que les experts s’entendent sur l’importance de ne plus enseigner aux enfants les deux formes d’écriture en même temps.

L’important, c’est de choisir [un seul style d’écriture].

Natalie Lavoie, professeure en éducation

Une fois que l’écriture est « automatisée », l’enfant peut se concentrer sur la syntaxe et l’orthographe, notamment, expliquent la professeure Lavoie et la surintendante Longo du Conseil Viamonde.

Cela dit, la professeure Lavoie pense que les écoles devraient aussi consacrer plus de temps à enseigner aux élèves comment bien écrire au clavier, parce qu’ils y omettent souvent les accents et les majuscules, chose qu’ils font moins lorsqu’ils écrivent à la main.

Infographies de Vincent Wallon

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