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EXCLUSIF - Des fonctionnaires fédéraux ont décrié la traduction automatisée avant sa mise en service

Un rapport interne obtenu par Radio-Canada, en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, montre qu'une majorité de fonctionnaires fédéraux qui ont testé l'outil de traduction automatique étaient insatisfaits de la qualité des traductions produites.

Le projet pilote s'est déroulé du 10 juin au 25 septembre 2015.

Or, selon le ministère responsable du développement de l'outil, Services publics et Approvisionnement Canada, le projet pilote a été un succès sur toute la ligne.

Le document indique que « le niveau de satisfaction à l'égard de la qualité était positif [...] dans l'ensemble, les résultats du projet pilote étaient positifs et indiquaient que l'outil était utilisé principalement pour la compréhension et la traduction de textes courts ».

Sondage sur la satisfaction des participants

Toutefois, un sondage de 10 questions, envoyé à 300 fonctionnaires de plusieurs ministères pour sonder leur appréciation de l'outil, semble montrer que la qualité des traductions produites laisse à désirer. Deux cents personnes y ont répondu.

Les 10 questions portaient surtout sur des aspects techniques : identification, facilité d'utilisation, contexte d'utilisation, consultation du guide d'utilisation, entre autres.

Une seule question portait sur la qualité des traductions obtenues. Seulement 43 % des répondants ont indiqué qu'ils jugeaient la qualité des traductions adéquates.

Une forte majorité de répondants ont toutefois indiqué qu'ils trouvaient l'outil convivial et qu'ils le réutiliseraient.

Parmi les commentaires reçus sur la qualité des traductions produites, plusieurs mentionnent que les textes comportaient beaucoup d'erreurs et que la traduction était incompréhensible. Un commentaire a même indiqué que Google Traduction offrait un service de meilleure qualité.

Ces informations suscitent de vives réactions

Le critique néo-démocrate en matière de langues officielles, François Choquette, déplore le manque de rigueur des responsables de l'évaluation du projet pilote.

La présidente de l'Association canadienne des employés professionnels (ACEP), Emmanuelle Tremblay, y voit une relecture de la réalité.

La présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), Sylviane Lanthier, affirme pour sa part que le ministère des Services publics et Approvisionnements a bafoué la Loi sur les langues officielles.


Le Comité permanent des langues officielles, qui s'est penché, entre autres, sur l'outil de traduction automatique, doit rendre son rapport public d'ici la fin de la session parlementaire.

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