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Explosion lors d'une simulation en 2014 : trois policiers d'Ottawa accusés

L'Unité des enquêtes spéciales de l'Ontario (UES) a déposé des accusations contre trois agents du Service de police d'Ottawa (SPO), en lien avec une explosion lors d'une simulation, en juin 2014

L'incident s'était produit au cours d'un exercice dans une maison abandonnée, dans le secteur de Kanata. La détonation d'un engin explosif, lors d'une simulation d'entrée dynamique, avait blessé cinq personnes.

Deux policiers avaient été légèrement atteints par la déflagration, mais deux ambulanciers paramédicaux, Craig MacInnes et Reid Purdy, avaient été gravement blessés. Un troisième ambulancier, Bradley Ross, avait subi des traumatismes mineurs.

Le sergent Martin Rukavina, l'agent Serge Clement et l'agent Carl Grimard du SPO sont accusés de négligence criminelle causant des lésions corporelles et de manque de précautions concernant des substances explosives.

Ils comparaîtront devant la Cour de justice de l'Ontario, à Ottawa, le 8 septembre. Le SPO n'émettra pas de commentaires, puisque le dossier se trouve devant les tribunaux.

Une procédure pénale critiquée par le syndicat

De son côté, le président de l'Association des policiers d'Ottawa, Matt Skof, se dit extrêmement frustré par la tournure des événements.

Il a parlé aux policiers, visés par les accusations pénales. Il soutient que ceux-ci vivent très mal cette situation, professionnellement et personnellement, dans la mesure où leurs familles sont aussi touchées.

« C'est très frustrant pour eux. Ils se retrouvent dans une mauvaise posture vis-à-vis de leur famille et de leurs enfants. La communauté va connaître leurs noms. Certains sont bénévoles, sont des entraîneurs de hockey. Comment peuvent-ils s'engager au sein de la communauté s'ils sont considérés comme des criminels? », lance M. Skof.

Selon lui, dans ce dossier, la question était surtout de savoir si les règles administratives et les pratiques sécuritaires avaient été respectées. Il ne remet pas en cause le mandat ou la mission de l'UES, mais il croit qu'une procédure disciplinaire ou devant une cour civile aurait été plus appropriée.

Dans les faits, le nom de Martin Rukavina avait déjà été cité dans les médias, après que des agents de l'Unité tactique du SPO eussent fait parvenir une lettre anonyme à l'UES, dénonçant la façon dont le sous-officier avait ignoré des consignes de sécurité avant l'incident.

À l'époque, le chef de la police d'Ottawa, Charles Bordeleau, s'était porté à la défense du sergent, en réaffirmant publiquement la confiance qu'il portait en « ses aptitudes à diriger ».

Martin Rukavina détient 27 ans d'expérience en tant que policier, dont 10 ans au sein de l'Unité tactique. Il est maintenant patrouilleur.

Des sources proches du dossier ont affirmé à Radio-Canada que les agents Serge Clement et Carl Grimard sont des policiers-techniciens en explosifs, appartenant à l'Unité des incidents chimiques, biologiques, radiologiques, nucléaires et explosifs.

Ils ont notamment pour tâche de concevoir les charges utilisées lors des entrées forcées avec explosifs.

Plusieurs procédures pour un même incident

À la suite de ce même incident, le ministère du Travail de l'Ontario a déposé des accusations contre la Commission de services policiers d'Ottawa et la Ville d'Ottawa.

La Municipalité et la commission doivent comparaître devant la Cour des infractions provinciales, à Ottawa, le 30 juillet.

Par ailleurs, la Section des normes professionnelles de la police d'Ottawa a elle aussi lancé une enquête, qui est toujours en cours.

Cette dernière ne connaîtra son épilogue qu'une fois que sera achevée la procédure pénale entamée par l'UES.

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