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Faible recul du taux de mortalité prématurée en Outaouais

L'Outaouais est l'une des régions où la diminution du taux de mortalité prématurée est la moins importante dans l'ensemble de la province, selon une étude intitulée Les inégalités sociales de mortalité prématurée au Québec et dans ses régions : différentes mesures, différentes perspectives, parue en 2018.

« En 2009-2013, les écarts absolus et relatifs [de mortalité prématurée] les plus importants sont observés en Outaouais, Abitibi-Témiscamingue et la Côte-Nord, alors que ces écarts sont moins importants dans le Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie-Îles-de-la Madeleine et en Lanaudière », explique l'étude.

Au Canada, la mortalité prématurée est définie comme un décès survenant avant l’âge de 75 ans. L'étude compare deux périodes : de 1989 à 1993 et de 2009 à 2013. Le taux dans l'ensemble de la province a enregistré une baisse de 38 %, comparativement à une diminution de 23 % pour l'Outaouais.

Ce sont 254 personnes sur 100 000 qui sont mortes de façon prématurée au Québec, contre 308 sur 100 000 en Outaouais. La région se situe en queue de peloton, juste devant l'Abitibi-Témiscamingue et la Côte-Nord.

Mesurer les inégalités sociales

Le facteur déterminant de cette faible diminution du taux de mort prématurée, selon les auteurs* de l'étude, ce sont les inégalités sociales, ce que confirme Patrick Fafard, professeur au Département d’affaires publiques et internationales de l’Université d’Ottawa.

« On utilise le taux de mort prématurée non pas pour mesurer l’inégalité sociale, mais plutôt comme un indicateur de l’impact que peut avoir l’inégalité sociale sur la santé de la population », précise le professeur.

Des milieux ruraux éloignés dans la région, un taux de diplomation moins élevé et un revenu disponible également moins élevé quand dans le reste de la province sont autant de facteurs qui contribuent à ce que ce taux soit élevé dans la région.

Concernant le taux de diplomation, il s'établit à 62 % dans la région, tandis qu'il s'élève à 70,2 % pour l'ensemble de la province. Là encore l’Outaouais arrive en queue de peloton, devant l’Abitibi-Témiscamingue (59,6 %) et le Nord-du-Québec (19,6 %).

Pour le Pr Fafard, « ce que ce rapport indique c'est, si on a besoin d'une autre raison pour s'attaquer au décrochage, c'est par ce que ça avoir un impact sur l'inégalité et sur le taux de morts prématurées ».

Par ailleurs, il souligne que l'étude ne cible pas de mesures concrètes pour tenter de corriger le tir.

Les auteurs de cette étude publiée dans la revue française Espace populations sociétés sont Carolyne Alix, Christine Blaser chercheuses à l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et Ernest Lo, chercheur à l'INSPQ et à l'Université McGill.

Avec les informations de Dominique Degré

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