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Fermeture imminente d’une maison de transition pour personnes séropositives à Ottawa

L'organisme de logement communautaire pour les personnes vivant avec le VIH/sida Bruce House, à Ottawa, fermera l'un de ses programmes de logement de transition en raison du manque de financement et des besoins changeants de ses usagers.

Le regroupement a fait savoir que sa maison de sept chambres à coucher située dans le quartier Westboro mettra un terme à ses activités le 1er septembre.

« La réalité est que Bruce House ne peut se permettre de continuer à opérer la maison de transition actuelle », a fait savoir l’organisme dans un communiqué daté du 10 août.

Selon le communiqué, il en coûte 300 000 $ par année pour maintenir l’infrastructure, ce qui représente le tiers du budget de l’organisme. Les dépenses quotidiennes comme les salaires des employés, présents 24 heures sur 24, ne sont pas inclus dans ce montant.

Bruce House a amassé 11 500 $ cet été. L’association planifie « réinventer » le programme, mais elle est dans l’obligation de mettre à pied les employés de la maison de transition. Elle a cependant confirmé que les usagers qui y vivent seront relogés ailleurs.

Jay Koornstra, un ancien dirigeant de Bruce House, a expliqué qu’amasser des fonds a toujours été un défi.

« On a toujours été désavantagés en termes de financement adéquat », a-t-il dit. « Nous sommes uniques dans le sens que malheureusement nos bailleurs de fonds sont, en silos, dans différents ministères », a-t-il dit.

M. Koornstra a fait savoir que Bruce House a acheminé des demandes de financement au ministère de la Santé et au ministère du Logement. Les ministères se renvoient la balle en raison des services qu’elle offrait, ce qui lui a permis de rassembler tout le financement pour lequel il se qualifie.

Cependant, l’organisme doit amasser 250 000 $ chaque année par l'entremise de campagnes de financement. L’organisme dit que ça devient de plus en plus difficile à accomplir.

Des besoins qui changent

Lors de l’ouverture de l’organisme, en 1988, les sidéens étaient stigmatisés dans la société. La maladie était souvent un synonyme d’une mort certaine lorsque le diagnostic tombait.

« À l’époque où ils ont ouvert leurs portes, il y avait plusieurs personnes qui n’avaient pas de domicile à la dernière étape de leur maladie ou qui ont été victimes de nombreuses discriminations », a mentionné M. Koornstra.

Or, les avancées dans les traitements du VIH et une meilleure connaissance de la maladie dans la société ont mené à un changement dans les services offerts à la maison de transition. M. Koornstra explique que les gens vivants dans la rue ou ceux qui n’ont pas accès au système de santé bénéficient du programme.

Le service de logement de transition héberge les gens pendant deux ans, aidant les usagers à gérer leurs soins de santé et l’accès aux services sociaux et de vivre de façon indépendante avec la maladie.

M. Koornstra a déclaré que ces services et ce soutien pour les personnes qui vieillissent avec le VIH sont encore nécessaires et que ces installations sont importantes, car la population âgée atteinte du VIH est en hausse.

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