Les thématiques LGBT au cinéma existent depuis toujours. D'abord marginalisée, puis ensuite censurée, la libération des moeurs des années 60 a donné des films à caractère plus revendicateur. Aujourd'hui, l'homosexualité au cinéma s'affiche désormais comme une évidence sociétale. Voici quatre films qui n'ont donc rien à cacher.

Un texte de Jean-François Chevrier

Appelle-moi par ton nom

Dans ce film que le New York Times a décrit comme « l’une des histoires d’amour les plus émouvantes de l’année », le réalisateur Luca Guadagnino propose ici le troisième et ultime volet de sa Trilogie du désir, après les parutions de Amore (2009) et A Bigger Splash (2015).

Elio passe des vacances dans le nord de l’Italie avec sa famille et profite de la relâche pour peaufiner son doigté au piano. Tout en conjuguant activités récréatives et sorties avec des copains, il partage des moments plus intimes avec Marzia, sa petite amie. Toutefois, le jeune de 17 ans croisera sur son chemin un jeune archéologue de 24 ans avec qui il développera un rapport de séduction, ce qui changera ses liens avec certains de ses proches.

Le film est une adaptation du premier roman d’André Aciman, considéré dès sa sortie en 2007 comme un incontournable de la littérature LGBT. L’oeuvre de Luca Guadagnino a été récompensée de l'Oscar du meilleur scénario adapté, plus tôt cette année.

Projections :24 mars, 21 h, au Cinéma 928 mars, 21 h, au Cinéma Aylmer

120 battements par minute

Le film coécrit et réalisé par Robin Campillo replonge le public au début des années 90 à l'époque où le VIH/SIDA se propageait à vive allure. Les militants du groupe Act-up Paris, issus de la communauté homosexuelle, multiplient les actions pour lutter contre l’indifférence et l’inaction du gouvernement français. Ils utilisent plusieurs techniques, notamment des coups d’éclat de visibilité pour s’attaquer à la censure de l’Agence française de lutte contre le sida. Lorsque Nathan se joint au groupe, il sera bouleversé par l’aspect radical de certains des membres, dont Sean (Nahuel Perez Biscayart, couronné du César du Meilleur espoir masculin au début du mois).

Par son sujet, sa direction photo et son rythme, 120 battements par minute est un film moderne et impressionnant. Il a reçu de nombreux prix, dont six César et le Grand prix du jury au Festival de Cannes.

Projections :26 mars, 21 h, au Cinéma 929 mars, 21 h, au Cinéma Aylmer

Marvin ou la belle éducation

Réalisé par Anne Fontaine (Les innocentes, Perfect Mothers, Chloe), Marvin ou la belle éducation repose sur l’histoire d’un jeune homme qui s’émancipe contre son milieu social. Après avoir été maltraité par sa famille et lourdement intimidé par d’autres jeunes de son âge, Marvin décide de fuir son village. Il fera de nouvelles rencontres qui le marqueront à jamais, notamment au sein d’une communauté théâtrale, où il acceptera de raconter son histoire et de jouer son propre rôle sur les planches, en utilisant le prénom Martin.

D’abord présenté comme une adaptation du best-seller d’Édouard Louis En finir avec Eddy Bellegueule, l’auteur s’en distancie rapidement, alléguant des disparités importantes entre le film et son texte original. Anne Fontaine parle aujourd’hui de son film comme un scénario librement inspiré de l’oeuvre d’Édouard Louis.

La réception du long métrage a été mitigée. Alors que certains ont applaudi des dialogues forts, d’autres ont critiqué sa mise en scène conventionnelle. Le récit mélancolique a été couronné du Queer Lion à la Mostra, l’an dernier.

Projection :25 mars, 15 h, au Cinéma 9

Embrasse-moi!

Ce long métrage, réalisé par la chanteuse et comédienne Océane-Rose-Marie, est décrit comme la première comédie romantique lesbienne française. En évitant de tomber dans des clichés redondants, Embrasse-moi! présente l’homosexualité comme un statut qui n’a rien de bien particulier.

Océane-Rose-Marie est décrite comme une femme qui aime la vie et ses petites amies… On comprend rapidement qu’elle en a eu plusieurs au fil des années! Un jour, elle rencontre Cécile dont elle tombera follement amoureuse. Sans se soucier d’une certaine réciprocité, elle annonce à ses proches que sa plus récente flamme est la femme de sa vie. Mais son passé la rattrape quand Cécile la surprendra en train d’embrasser une ancienne copine. Dès lors, Océane-Rose-Marie chercher à reconquérir celle qu’elle affirme aimer par tous les moyens.

Avec ce premier scénario, Océane-Rose-Marie porte à l’écran son personnage de lesbienne invisible, expression qui a d’ailleurs été le titre de son premier spectacle solo en 2009.

Projections :26 mars, 19 h, au Cinéma 928 mars, 19 h, au Cinéma Aylmer

Plus d'articles