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Fin du campement des sans-abri : les organismes et la Ville réagissent

La Commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais (CSPO) salue, mercredi, la décision du maire de Gatineau de ne pas reconduire le projet-pilote de campement pour sans-abri.

Installé le long du ruisseau de la Brasserie, dans le secteur de Hull, ce campement improvisé est situé près de l'École secondaire de l'Île, ce qui soulève des craintes pour la sécurité des élèves de la part de la direction.

Malgré le démantèlement du campement en octobre dernier par la Ville, à l'approche de l'hiver, des tentes ont resurgi malgré le froid et les campeurs étaient de plus en plus nombreux, souligne la présidente de la CSPO, Johanne Légaré.

La commission scolaire a donc demandé une rencontre d'urgence avec la Municipalité, s'inquiétant que la Ville tolère un tel campement à proximité de l'école.

Un problème plus large

Mme Légaré précise cependant que la problématique de l'itinérance demeure, même si le campement disparaît. En effet, le Gîte Ami a pignon sur rue à proximité de l'école, de même que la Soupe populaire de Hull et d'autres organismes d'entraide.

« Il faut absolument qu'il y ait une surveillance et un encadrement pour assurer la sécurité de nos élèves », souligne-t-elle.

La CSPO rappelle qu'en plus de ses 1200 élèves du secondaire, l'École de l'Île accueille l'été des camps de jours pour les jeunes de 5 à 12 ans et doit assurer leur sécurité.

Au lendemain d'une agression armée sur une élève, la CSPO refuse par ailleurs de faire un lien direct entre la présence du campement et cet acte de violence. Mme Légaré rappelle qu'on ignore pour le moment l'identité du suspect.

« Ça met en lumière les craintes que nous avions avec la proximité du campement près de l'École secondaire de l'Ile », ajoute-t-elle toutefois.

Pas de surprise pour le Gîte Ami

De son côté, le directeur général du Gîte Ami, Luc Villemaire, affirme qu'il n'est pas surpris de la décision de la Ville de Gatineau de mettre fin au projet de campement pour sans-abri.

Les enjeux de sécurité sont devenus plus sérieux durant l'été 2015, selon M. Villemaire. Il ajoute que le nombre de personnes a notamment dépassé la capacité d'accueil des lieux.

Le directeur général du Gîte Ami affirme par ailleurs que des gens de l'extérieur de Gatineau seraient venus s'installer dans le campement. De plus, il n'est pas certain que tous les campeurs étaient des itinérants, selon lui.

« Je pense que les personnes qui ont le goût de vivre comme ça de façon alternative vont devoir poursuivre la discussion avec la Ville de Gatineau et voir si c'est possible faire autre chose, autrement », ajoute-t-il.

Une coordination des services est nécessaire

Conscient de cette situation, le maire Maxime Pedneaud-Jobin a de nouveau souligné l'importance, mercredi matin, de rassembler les différents organismes de lutte à l'itinérance, afin de « se coordonner de façon plus intense et structurée ». L'agression survenue mardi est un triste rappel pour agir avec diligence et concertation.

« [La Ville] peut agir avec sa politique de développement social et avec les policiers, mais ça prend des intervenants en santé », a-t-il ajouté.

Le maire souhaite ainsi cibler les lacunes dans l'offre de services pour lutter contre l'itinérance, et soumettre en conséquence des demandes de financement aux gouvernements fédéral et provincial.

D'ici à ce que de nouvelles mesures soient appliquées, M. Pedneaud-Jobin soutient que les services municipaux vont intervenir, tout en restant flou sur le mode de fonctionnement.

« Pour le camping, on va s'assurer que ça ne se reproduise plus. [... ] On ne veut pas de camping là. Des tentes, il ne faudrait pas en avoir », a-t-il déclaré.

Gatineau demande l'aide du gouvernement provincial

La conseillère municipale du district Hull-Wright, Denise Laferrière, espère quant à elle que de l'argent supplémentaire sera alloué aux municipalités pour aider les itinérants dans le budget de Québec, qui sera déposé jeudi.

« Pour nous, la Ville, on n'est pas les premiers responsables de ce dossier-là. Nous autres, on vit avec les débordements et les choses qui se produisent et on voit bien que l'argent dédié à l'itinérance n'est pas suffisant », dit-elle.

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