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Fin du témoignage de la présumée victime de deux anciens Gee-Gees

La jeune femme qui aurait été agressée sexuellement par deux anciens hockeyeurs des Gee-Gees de l'Université d'Ottawa en février 2014, à Thunder Bay, hésitait à poursuivre les démarches judiciaires parce qu'elle ne voulait pas que des gens soient accusés injustement.

Un texte d'Antoine Trépanier

Depuis le début de son témoignage, jeudi dernier, la femme âgée de 25 ans a admis ne pas toujours avoir dit la vérité dans ses rencontres avec les enquêteurs. Après le contre-interrogatoire de la défense, le procureur de la Couronne a demandé à la femme pourquoi elle a continué à communiquer par messages textes avec le compagnon de chambre de Guillaume Donovan, ce à quoi elle a répondu qu'elle ne voulait faire de mal à personne.

« Honnêtement, je ne voulais pas que ce qui s'était passé soit raconté de façon inexacte. Je ne voulais pas que les gens qui ont fait ça soient accusés injustement parce que je ne me souvenais pas exactement d'eux. Je ne savais pas qui ils étaient », a-t-elle dit à la fin de son témoignage, mardi.

Au cours des quatre derniers jours, elle est revenue sur les événements qui se seraient produits dans une chambre d'hôtel le 2 février 2014.

Elle a notamment raconté avoir rencontré un joueur des Gee-Gees de l'Université d'Ottawa par l'entremise de l'application Tinder et avoir eu une relation consentante avec ce dernier. Cet homme était le compagnon de chambre de Guillaume Donovan et il était de passage à Thunder Bay avec ses coéquipiers des Gee-Gees pour affronter les Thunderwolves de l'Université Lakehead.

Puis, elle a soutenu que, durant l'acte, son partenaire s'est retiré et qu'elle a eu une relation non consentante avec deux autres hommes. Il y aurait alors eu plusieurs hommes dans la chambre d'hôtel du Victoria Inn.

Aujourd'hui, David Foucher, 28 ans, et Guillaume Donovan, 27 ans, font chacun face à un chef d'accusation d'agression sexuelle.

Lundi, la jeune femme, qui était âgée de 21 ans au moment des faits allégués, a subi un contre-interrogatoire difficile avec l'avocat de Guillaume Donovan, Me Christian Deslauriers. Ce dernier a notamment laissé entendre qu'elle avait consenti à avoir une relation sexuelle avec le premier témoin et un autre homme dans cette chambre d'hôtel. Cette dernière a nié fermement cette affirmation.

Durant son témoignage, la présumée victime a dit avoir eu une relation sexuelle consensuelle avec le compagnon de chambre de Guillaume Donovan et premier témoin de ce procès, mais pas avec qui que ce soit d'autre ce soir-là.

L’amie de la plaignante témoigne

Le rythme des procédures a finalement pris de la vigueur, mardi, au grand bonheur de la juge Chantal M. Brochu. Depuis la semaine dernière, les questions de procédures ont passablement freiné les témoignages.

Rappelons qu'il s'agit d'un procès de dix jours qui doit voir témoigner à la barre cinq témoins au total et que les accusations pour agression sexuelle ont été déposées en août 2014. Depuis, le procès a été repoussé à trois reprises.

L'Université d'Ottawa avait suspendu son programme de hockey masculin pour une durée de deux ans avant que les accusations ne soient portées.

Seuls deux témoins ont pris la parole la semaine dernière et la deuxième a terminé mardi matin. Or, mardi, la présumée victime a laissé place à une amie impliquée dans l’affaire, puis à un autre témoin, un ancien des Gee-Gees.

Depuis le début du procès, il est question d’une amie de la présumée victime qui voulait aller au fond de cette affaire et qui aurait interpellé les autorités.

La police avait d’ailleurs indiqué en 2014 avoir été avisée par une source tierce.

Nous ne pouvons nommer cette témoin puisque cela pourrait mener à l’identité de la plaignante. Cette affaire est frappée d’une ordonnance de non-publication de toute information qui pourrait révéler l’identité de la plaignante.

Et bien cette femme aujourd’hui âgée de 28 ans a déclaré être allée chercher la présumée victime à l’hôtel. Elle aurait alors interpellé l’entraîneur des Gee-Gees pour lui expliquer les faits allégués. Puis, elle aurait ensuite eu d’autres échanges par courriel avec lui avant de communiquer avec le directeur des sports de l’Université d’Ottawa, puis ultimement avec le bureau du recteur Allan Rock.

Par la suite, l’Université d’Ottawa a avisé la police de ce qui s’était produit et cette même personne a rencontré les policiers de Thunder Bay le 27 février 2014. Quelques jours plus tard, l’histoire a été révélée dans les médias par les policiers et l’enquête policière a commencé. Dans les mois suivants, l’Université d’Ottawa a suspendu son programme de hockey masculin et des accusations d’agression sexuelle ont été déposées contre Guillaume Donovan et David Foucher.

Cette jeune femme a également amené de force la présumée victime à l’hôpital pour qu’elle y passe un examen post-agression sexuelle. L’absence d’infirmière spécialisée a poussé la présumée victime à quitter les lieux.

Mais durant leur visite, l’amie en question a profité du sommeil de la présumée victime pour prendre des photos de la conversation que cette dernière avait eue avec le cochambreur de Guillaume Donovan par l’entremise de l’application Tinder après les faits allégués.

« J’ai fait ça parce que je pensais que les choses qui étaient dites pouvaient être des preuves de ce qui s’est passé. Elle dormait quand j’ai pris les photos. Je ne lui ai pas dit que je les ai prises », a-t-elle dit au tribunal.

L'interrogatoire et le contre-interrogatoire de cette jeune femme a été expéditif et a laissé place à un ancien coéquipier des deux accusés, Mathieu Leduc. Ce dernier était dans la chambre voisine au moment des faits allégués.

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