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Forte présence de préjugés au sein de la communauté LGBT en Ontario

Selon le sondage pancanadien intitulé Valeurs, besoins et réalités des personnes LGBT au Canada en 2017 réalisé pour la Fondation Jasmin Roy, c'est dans la province de l'Ontario qu'on trouve la plus forte proportion des répondants qui estiment que certains groupes LGBT entretiennent des préjugés à l'égard d'autres groupes de cette même communauté.

Un texte d'Agnès Chapsal

À la question « avez-vous l’impression que certains groupes LGBTQ entretiennent des stéréotypes à l’égard d’autres groupes LGBTQ? », 79 % des répondants ontariens (610 personnes interrogées) répondent « oui », loin devant le Québec (64 %).

« La moyenne nationale, c’est 78 % [2 697 personnes interrogées] et ils sont un peu au-dessus de cette moyenne-là », a commenté Jasmin Roy en entrevue à Radio-Canada.

Les stéréotypes n'existent pas seulement au niveau de la famille, de l'école ou de l'entreprise, ils sont aussi au sein de la communauté, selon Jasmin Roy.

« Ce qui ressort beaucoup dans le sondage, c’est au niveau des lesbiennes, on va dire que c’est des "Butchs/Dyke/Lipstick", au niveau des homosexuels, on va dire qu’ils sont "efféminés" », a poursuivi M. Roy. « C’est aussi beaucoup par rapport aux non binaires, aux pansexuels ou aux bisexuels. Il y en a pour qui, même dans le milieu LGBT, ce sont des concepts qu’ils n’arrivent pas à intégrer, donc on refuse cette information-là ».

Par ailleurs, au Canada, 20 % des personnes ayant été intimidées en raison de leur orientation sexuelle ou leur identité de genre en ont été victimes au sein même de la communauté LGBT.

Ce constat s'accompagne d'un sentiment d'appartenance à la communauté légèrement moins fort en Ontario que dans l'ensemble du Canada (40 %, contre 37 % en moyenne).

La discrimination du groupe a pour corollaire le fait que les répondants ontariens souhaitent « militer davantage pour une communauté LGBT plus unie, diversifiée et inclusive » (27 %, contre 19 % pour la moyenne nationale).

« Comme communauté, on s'est beaucoup battu pour nos droits. Maintenant, il faut prendre le temps de savoir comment on cohabite tous ensemble », a proposé M. Roy.

Dépression et orientation sexuelle

Le sondage fait également ressortir une forte présence de sentiments dépressifs en raison de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre en Ontario.

Ce sont 85 % des répondants ontariens (contre 81 % pour l’ensemble des répondants) qui disent avoir ressenti des sentiments de désarroi, de solitude, d’isolement ou de découragement en lien avec leur orientation sexuelle ou leur identité de genre.

« Chez les trans, on est à 98 % dans l’incidence de nature dépressive, donc il va y avoir des moments dans leur vie où ils ne se sentiront pas bien, pas en harmonie avec leur entourage, donc des sentiments qui pourraient les plonger dans des problèmes de santé mentale plus grands », a commenté M. Roy.

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