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Gabriel Ferron-Bouius garde les buts sur un seul pied

Un jeune gardien de but a vécu une expérience inoubliable, mardi, alors qu'il a eu la chance de s'entraîner avec les 67 d'Ottawa. L'histoire pourrait être banale si Gabriel Ferron-Bouius était un joueur comme les autres. Mais, le gardien de 14 ans des Grads de Cumberland n'a qu'un seul pied.

Un texte de Jonathan Jobin

Ferron-Bouius a été amputé d'une partie de la jambe droite dans son enfance en raison d'une hémimélie fibulaire, une malformation congénitale caractérisée par l'absence, partielle ou totale, du péroné. Une prothèse spéciale permet à l'adolescent de jouer presque comme si de rien n'était.

« J'ai différentes prothèses pour faire différents sports. Cette prothèse permet de reproduire le pied et est plus dure. Elle m'offre la flexibilité pour faire les mouvements et jouer devant le filet », raconte Gabriel Ferron-Bouius avec aplomb. « Je dois adapter certains mouvements, mais pour le reste, c'est très similaire à un vrai gardien qui n'a pas de handicap. »

Le joueur a été invité personnellement par l'entraîneur des 67, André Tourigny, pour prendre part à l'entraînement complet de son équipe.

« Pour nous, c'est un exemple incroyable de détermination. Il se surpasse et il n'a jamais laissé rien se mettre au travers de sa route donc c'est un super exemple pour nos joueurs », souligne le pilote des 67, qui a présenté à son équipe une petite vidéo portant sur l'invité spécial avant l'entraînement.

Gabriel Ferron-Bouius a été traité comme un joueur régulier de l'équipe avec une place réservée dans le vestiaire et une plaque à son nom devant le casier. Pour lui, qui rêve de jouer dans la Ligue de hockey de l'Ontario (OHL), l'occasion était belle d'en apprendre le plus possible sur son poste avec les gardiens Olivier Tremblay et Cédrick Andrée.

« Ça te montre le niveau de ces joueurs et ce que tu dois atteindre pour jouer ici. J'espère qu'un jour je pourrai jouer, mais je sais aussi que ça va prendre beaucoup d'efforts », remarque le jeune gardien. « C'est une expérience enrichissante pour tout le monde. C'est amusant pour nous et pour lui », ajoute André Tourigny.

S'il concédait deux ans aux plus jeunes joueurs des 67 et que ses mouvements étaient plus saccadés que ses coéquipiers, Gabriel Ferron-Bouius n'a pas semblé intimidé sur la glace. Devant sa famille, il a réalisé plusieurs beaux arrêts.

« Je sais que ça va prendre beaucoup de travail pour me rendre là. Je crois que ça serait une première (NDLR un joueur handicapé dans la OHL), mais j'espère y arriver », a déclaré le gardien des Grads de Cumberland, une formation de niveau Bantam AA qui a remporté ses 25 derniers matchs.

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