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Gatineau pourrait écoper d'une autre facture pour la décontamination des terrains du projet Zibi

Le promoteur Dream-Windmill pourrait présenter une nouvelle demande d'aide financière à la Ville de Gatineau pour la décontamination des terrains sur lesquels le projet Zibi sera aménagé.

Le président de Zibi, Jeff Westeinde, a confirmé que son entreprise était en train de réévaluer les coûts de décontamination en sol gatinois et que cette analyse serait complétée d'ici la fin de l'an prochain.

Ce projet résidentiel et commercial, s'étendra sur une dizaine d'hectares sur les rives gatinoises de la rivière des Outaouais au centre-ville de Gatineau et sur 6,5 hectares de terrains sur les îles ottaviennes Chaudière et Albert.

La Ville d'Ottawa a mis de côté 22 millions de dollars pour le groupe Dream-Windmill mercredi pour décontaminer les terrains des deux îles, alors que la Ville de Gatineau a réservé deux fois moins, en 2016, soit 11 millions de dollars, pour des travaux semblables. Ces deux sommes proviennent de programmes de subvention municipaux qui financent la moitié des coûts estimés de la décontamination.

Des terrains plus contaminés à Ottawa ?

Le président du projet Zibi, Jeff Westeinde, affirme que la contamination des terrains à Ottawa ou à Gatineau est semblable.

Ces anciens terrains industriels ont accueilli pendant des décennies des usines de pâte et papier et de fabrication d'allumettes.

Les travaux de décontamination impliquent le retrait de millions de mètres cubes de sol et de roches. Ils impliquent aussi la réhabilitation et le nettoyage de certains bâtiments patrimoniaux ou présentant un intérêt patrimonial.

M. Westeinde confirme que le coût de ces travaux par mètre cube est le même des deux côtés de la rivière des Outaouais.

Il reconnait également qu'il y a un peu plus de décontamination à faire du côté de Gatineau que dans les îles Chaudière et Albert.

Alors pourquoi la Ville d'Ottawa est-elle prête à y consacrer 22 millions, alors que Gatineau a versé 11 millions ?

Jeff Westeinde soutient que la subvention d'Ottawa couvrira tous les travaux de décontamination sur les deux îles, pendant les dix ans que doivent durer les travaux d'aménagement. Celle de Gatineau ne couvrirait que les quatre premières années du projet, jusqu'en 2020, soit les trois premières phases de six étapes de décontamination.

La différence est dans la façon dont les programmes de subvention des deux Villes fonctionnent, explique M. Westeinde.

Le président de Zibi ajoute aussi que son entreprise a présenté la demande de subvention à la Ville d'Ottawa bien après avoir fait celle à Gatineau et après que les travaux de décontamination eurent commencé du côté de Gatineau.

Nous avons appris des erreurs faites à Gatineau, précise M. Westeinde.

Le président de Zibi n'a pas été en mesure de chiffrer les montants additionnels que le promoteur du projet Dream-Windmill pourrait demander à la Ville de Gatineau.

Pour l'instant, la Ville n'a versé que 26 % de la subvention de 11 millions de dollars pour la décontamination des terrains et des bâtiments, soit 2,9 millions de dollars.

La directrice du service de l'urbanisme à la Ville de Gatineau, Catherine Marchand, s'attend à ce que le promoteur fasse une demande de prolongation du programme de décontamination des friches industrielles qui effectivement se termine en décembre 2020.

D'autres incitatifs financiers

Le projet Zibi espère également obtenir une aide pour la restauration des bâtiments patrimoniaux en sol gatinois.

La Ville d'Ottawa a alloué 35 millions de dollars pour la restauration des bâtiments patrimoniaux ou présentant un intérêt patrimonial dans les îles Chaudière et Albert.

Gatineau a un programme conjoint avec le ministère de la Culture et des Communications pour la préservation des bâtiments historiques d'une valeur de 600 000 $. De toute évidence, un programme insuffisant pour l'ampleur du projet Zibi.

Mme Marchand explique que la Ville est en train de revoir ce programme qui vient à échéance.

On est dans les phases de renégociation avec le gouvernement. Éventuellement ça pourrait... mais on n'en a pas en ce moment [de programme] et Windmill n'a pas fait de demandes à cet effet, indique Catherine Marchand.

Dream-Windmill a justifié toutes ses demandes d'aide financière pour son projet d'aménagement avant-gardiste en indiquant que lorsqu'il sera achevé, les villes d'Ottawa et de Gatineau empocheront respectivement 18 et 16 millions de dollars en impôts fonciers.

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