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Gatineau tenue dans le noir au sujet des dommages aux propriétés inondées

L'administration municipale de Gatineau est dans l'impossibilité de saisir l'ampleur des dégâts aux propriétés inondées sur son territoire. Les informations insuffisantes de Québec sont en cause.

C'est ce qui a été révélé mardi lors d'un bilan au comité plénier de la Ville de Gatineau.

Pour Gatineau, 1133 demandes de réclamations ont été envoyées au ministère de la Sécurité publique (MSP) à la suite des inondations d'avril et de mai.

Or, le MSP ne fournit à l'administration gatinoise qu'un portrait très partiel de la situation. La directrice du Module de l'aménagement du territoire et du développement durable (SUDD) de la Ville de Gatineau, Catherine Marchand, a indiqué que le ministère de la Sécurité publique (MSP) envoyait à la Ville « le numéro de dossier du propriétaire inondé et le montant des dommages évalués, mais pas l'adresse de la propriété ». Il est donc impossible d'identifier la propriété en question.

Par ailleurs, peu de sinistrés semblent pour l'instant avoir reçu l'évaluation des dommages à leur propriété. En date du 29 août, les sinistrés n'avaient envoyé à la Ville que 167 demandes de permis de travaux (15 % des demandes de réclamation), soit 27 pour de la démolition et 140 pour de la rénovation. Pour faire ces demandes, ils devaient d'abord obtenir l'évaluation de leurs dommages. Gatineau a d'ailleurs délivé 17 permis de démolition et 111 de rénovation.

Inquiétude du maire

Selon le maire Maxime Pedneaud-Jobin, l'administration municipale est ainsi privée d'une vue d'ensemble des dégâts dans les secteurs touchés par la crue printanière. Et sans cette vue d'ensemble, pas moyen de savoir si la Ville peut faire une demande de dérogation collective pour un secteur donné, afin d'éviter les démolitions de résidences.

« La dérogation à portée collective est mise en danger par le fait qu'on n’a pas l'information » a précisé le maire, qui craint maintenant de se retrouver avec des quartiers « gruyère », parce que des citoyens vont procéder à des démolitions sans savoir qu'ils peuvent peut-être bénéficier d'une dérogation.

Selon l'administration municipale, le MSP a accepté de remédier à la situation cette semaine en contactant tous les propriétaires pour leur demander la permission de fournir de l'information plus détaillée à la Ville.

Les inondations ont coûté plus de 2 millions de dollars

Les élus de Gatineau ont également appris mardi que les coûts liés aux inondations atteignent près de 4,5 millions de dollars. Plus de la moitié de ces dépenses devrait toutefois être remboursée par le gouvernement du Québec.

Ces dépenses comprennent le salaire des employés de la Ville (1 834 860 $) et les travaux de réfection temporaires des rues endommagées (588 214 $). On compte aussi les dépenses liées à l'achat de sacs de sable (326 741 $), à la location d'équipements comme des pompes (250 908 $), les conteneurs à déchets et les collectes supplémentaires (521 226 $).

Par ailleurs, 198 sinistrés sont toujours pris en charge par la Croix-Rouge. Au plus fort de la crise, ils étaient 1649.

La Croix-Rouge exploite encore un centre pour sinistrés qui est situé dans l'édifice John R. Luck, au 280, boulevard Maloney Est, dans le secteur de Gatineau.

Rétablissement des rues endommagées

Depuis mai, les rues, les sentiers et les berges touchés par les inondations font l'objet de réparations. La priorité a été accordée aux infrastructures qui présentaient des enjeux de sécurité.

Les travaux qui restent à réaliser portent sur les pistes cyclables et les aménagements paysagers.

La Ville a investi 650 000 $ pour remettre en état les rues Queen's Park, Fer à cheval et Hurtubise.

Avec les informations de la journaliste Nathalie Tremblay

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