Tandis que se tient le premier Salon du vélo de Gatineau-Ottawa, plusieurs citoyens saluent les dernières mesures en matière d'aménagement pour les cyclistes dans la région. Plusieurs défis sont toutefois encore présents, dont celui de la sécurité.

Si on se fie à l'achalandage au Salon du vélo, qui se tient au Palais des congrès de Gatineau jusqu'à dimanche, il y a un réel engouement des résidents de la région pour ce mode de transport. Et la Ville de Gatineau tente de leur faire de plus en plus de place.

Le réaménagement du boulevard Saint-Joseph, par exemple, pour lequel une consultation publique commence lundi, devrait permettre de faire de la place à tous les utilisateurs : piétons, automobilistes, cyclistes et transports en commun. À Gatineau, des routes, comme le chemin Pink, doivent être élargies pour faciliter le partage des routes.

« Les routes n'appartiennent pas qu'aux automobilistes, les routes appartiennent à ceux et celles qui veulent se déplacer du point A au point B, donc on veut s'assurer d'augmenter notre part modale du nombre de personnes qui vont utiliser leur vélo pour se diriger vers leur travail », a expliqué le conseiller du district Versant, Daniel Champagne.

En janvier dernier, la Ville a aussi annoncé que les pistes cyclables seraient déneigées l'hiver prochain, une des mesures du Plan directeur du réseau cyclable. De plus, 198 autobus de la STO seront équipés de tracks à vélo d'ici octobre 2018.

Ces initiatives ravissent plusieurs cyclistes. « Si j'ai bien compris, on parle de toutes les nouvelles rues ou de toutes les rues [actuelles] qui vont être en réfection comme le boulevard Saint-Joseph, et ça, c'est génial, j'applaudis à deux mains », a commenté François Demers, un ancien participant de la table de concertation Vélo-Outaouais, à l'émission Les malins.

Encore du travail à faire

M. Demers espère toutefois que la Ville de Gatineau aille plus loin dans ses projets d'aménagement.

« Mon premier grand rêve [...] ce serait d'avoir une ville où il est possible de bien vivre sans voiture. Ce n'est pas contre les voitures, mais c'est une ville où l'aménagement permet de vivre sans posséder de voiture, ça veut dire qu'on peut en louer si on en a besoin, on peut aussi se déplacer à pied et en vélo », a assuré M. Demers, qui pratique aussi le vélo été comme hiver.

« Ça ne frôle pas l'utopie, ça se fait, ça existe. Il y a des endroits et des villes dans le monde, Amsterdam, Copenhague, etc. où plus de 50% des déplacements se font en vélo », poursuit-il.

Il faut aussi dire qu'en 2016, 76 cyclistes ont été blessés ou tués dans un accident en Outaouais. À Ottawa, ce chiffre s'élève à 248.

La conseillère d'Aylmer, Audrey Bureau, reconnaît qu'il reste beaucoup de travail à faire.

« On ne peut pas seulement construire les pistes cyclables, il faut aussi s'attarder à comment on rend ces pistes sécuritaires pour que les gens les utilisent », a-t-elle indiqué.

La Ville de Gatineau doit présenter un plan directeur pour le réseau cyclable ce printemps. À Ottawa, un pareil plan a été adopté en 2013 et prévoyait la construction de plusieurs voies cyclables séparées.

Un réseau cyclable en progression

L'ancien maire de Hull de 1981 à 1991, Michel Légère, également père de la Route verte qui traverse le Québec, reconnaît que les autorités municipales n'ont pas toujours été aussi actives dans ce dossier, mais qu'elles étaient déjà à l'oeuvre il y a une trentaine d'années.

« Pendant quatre ans, quand j'étais maire de la Ville, on a fait la promotion d'une piste cyclable reliant Hull jusqu'à Québec, qui devait être l'épine dorsale d'un Québec cyclable », raconte M. Légère. « L'objectif, à l'époque, c'était de faire en sorte que, par rapport au vélo, on le rende acceptable à la population. Il fallait créer une espèce d'engouement populaire à travers tout le Québec, de sorte que les personnes qui décident au niveau politique aient déjà une base solide par rapport à la population ».

M. Légère rappelle aussi qu'un vélo-bus avait été construit par les employés de la Ville de Gatineau et détruit en 2012 dans l'effondrement d'un entrepôt.

Avec les informations de Yasmine Mehdi et d'Agnès Chapsal

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