Des dirigeants de conseils scolaires, de la Ville d'Ottawa et du Service de police d'Ottawa (SPO) ont admis sans réserve que le racisme était bel et bien présent dans la capitale nationale et que l'éliminer était un défi de tous les instants.

Plus de 200 personnes ont participé à une rencontre publique, mercredi soir, pour presser les dirigeants sur les mesures qu'ils ont mises en place pour répondre aux recommandations d'un rapport publié au mois de février 2017.

L'an dernier l'enjeu du racisme envers la communauté noire avait donné lieu à un forum et à un rapport très critique. Ce rapport, Faire face au racisme anti-noir à Ottawa, avait souligné des problèmes notamment dans l'accès de la communauté noire aux services en santé mentale, du taux de décrochage scolaire élevé et du peu de représentation au sein de la police d'Ottawa et aussi dans les médias francophones.

« C'est important aussi de confronter le fait que le racisme existe dans la société et dans le service de police », a déclaré, mercredi soir, le chef du Service de police d'Ottawa, Charles Bordeleau.

La discussion avait lieu dans le cadre de la Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale. La rencontre était notamment une occasion de constater les améliorations apportées durant la dernière année et le travail qu'il reste à faire.

La professeure de l'Université d'Ottawa, Caroline Andrew, a soutenu que le progrès n'est jamais assez rapide.

« Il y a du progrès, mais ce n'est jamais assez rapide. C'est un voyage qui est peut-être commencé à Ottawa, mais ce n'est jamais fini. Donc, il faut continuer, il faut pousser fort pour que les gens dans les postes de responsabilité fassent en sorte que nous sommes dans une ville plus accueillante pour la diversité », a affirmé Mme Andrew.

Plusieurs ont dénoncé le fait qu'aucune mesure concrète n'avait été adoptée par les différentes organisations présentes.

C'est notamment le cas du Conseil des écoles catholiques du centre-est (CECCE), où des améliorations devront être apportées dans l'embauche du personnel, selon le directeur de l'éducation Réjean Sirois. Contrairement au Conseil scolaire du district d'Ottawa-Carleton, aucune personne responsable de l'équité n'a été embauchée dans la dernière année au conseil.

« Une des premières conclusions, c'est : ''est-ce qu'il y a du racisme au sein du conseil des écoles catholiques du centre-est?'' La réponse, c'est oui et c'est clair », a déclaré M. Sirois.

Ce dernier affirme que dès septembre 2018, plus de 200 emplois seront à pourvoir au sein du conseil scolaire.

« On va avoir le premier forum d'emplois du conseil », s'est-il félicité.

Avec des informations des journalistes Gilles Taillon et Antoine Trépanier

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