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Grave accident de parachute à Gatineau : la CNESST met en cause le manque de formation des employés

La Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) met en cause le manque de formation des instructeurs de parachute. Elle a émis ces conclusions à la suite du grave accident de parachutisme survenu à l'été 2015, impliquant la compagnie GO Skydive.

Dans son rapport déposé ce matin, la commission soutient que le parachute principal de l'instructrice et celui de réserve ont été déployés, mais ont tour à tour fait défaut.

Le deuxième parachute s'est emmêlé, causant une descente en spirale. L'instructrice n'avait alors plus le contrôle.

L'équipement n'est pas remis en cause, ni le pliage du parachute. « On ne saura pas d'où vient cette endorsade », a souligné le directeur général par intérim de la CNESST, François Asselin.

Manque de formation

La CNESST indique que l'instructrice a suivi les consignes d'urgence, dans la mesure de ses connaissances.

Toutefois, ces normes sont sévèrement critiquées par la commission. Celle-ci soutient qu'il y a une déficience de la formation quant aux atterrissages d'urgence.

« Spécifiquement pour le parachute de réserve, il y a un trou dans le contenu, il faut bonifier l'entraînement », a ajouté l'enquêteur.

Les conclusions de l'enquête montrent que la formation offerte par l'Association canadienne de parachutisme porte beaucoup sur les mesures d'urgence à adopter avec le parachute principal, mais peu sur les défaillances du deuxième parachute.

Les enquêteurs recommandent une révision complète du programme de formation. « Comme ça, s'il se produit une autre situation d'urgence où le parachute de réserve fait défaut, l'instructeur aura de meilleurs outils », indique Jean-Charles Marangère.

L'entreprise n'écope alors d'aucune amende.

Rappel des faits

Le 8 juillet dernier, Caroline Breton, une instructrice de la compagnie GO Skydive, et son élève se sont écrasés au sol, car leur parachute avait mal fonctionné.

La femme de 22 ans a subi des fractures aux jambes, et son client, qui sautait pour la fête de son fils, s'est retrouvé entre la vie et la mort.

La parachutiste était expérimentée, selon son employeur. Au lendemain de l'accident, celui-ci a affirmé que Mme Breton comptait plus de 900 sauts à son actif et plus de trois ans d'expérience.

C'est la première fois que les enquêteurs de la CNESST se penchent sur un accident de travail impliquant un saut en tandem au Québec.

GO Skydive prête à faire le nécessaire

Dans un communiqué de presse, les responsables de GO Skydive affirment prendre au sérieux les points soulevés dans le rapport. Ils ajoutent que des mesures concrètes seront adoptées.

« Bien que la cause exacte de l'accident du 8 juillet 2015 ne soit pas connue, GO Skydive portera une attention particulière à la formation continue de ses instructeurs, sur le comportement à adopter dans des situations inhabituelles sous une voilure de réserve », est-il indiqué dans le communiqué.

La compagnie soutient aussi qu'elle « continuera à appliquer les standards les plus élevés de l'industrie au niveau de la sécurité et de l'entretien des équipements utilisés ».

Ses responsables rappellent que leurs activités sont encadrées par les règlements de l'Association canadienne de parachutisme sportif (ACPS), de Transport Canada, de NAV CANADA et des manufacturiers des équipements utilisés.

Ils soulignent par ailleurs que le matériel qu'ils emploient est inspecté tous les jours et avant chaque saut. Son entretien est confié à des personnes qualifiées, comme recommandé par les manufacturiers.

Enquête complexe

Les enquêteurs de la CNESST ont eu besoin de trois mois supplémentaires pour analyser les circonstances de l'incident.

Les ambulanciers paramédicaux ont coupé le parachute en tentant de sauver le tandem gravement blessé, ce qui a rendu l'enquête difficile.

Le peu d'experts en analyse de parachutes a également compliqué la tâche. Des spécialistes des Forces armées canadiennes ont dû être mis à contribution dans le processus d'investigation.

Ils se sont vu confier le parachute utilisé par la monitrice, en vue de déterminer les circonstances de l'accident.

Selon une enquête du Service de police de Gatineau, il n'y avait pas d'éléments criminels.

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