Retour

Guy Boucher à la tête des Sens : les 5 défis du guerrier

Les Sénateurs d'Ottawa ont retenu les services de Guy Boucher pour relancer leur équipe qui vient de mettre fin à une saison famélique. Le principal intéressé veut « tout gagner » ses matchs et aspire même à la coupe Stanley. Le problème, c'est que les Sénateurs, en plus de ne pas avoir pris part aux séries éliminatoires, ont présenté la pire fiche au chapitre des buts alloués. Disons que Guy Boucher aura du pain sur la planche, s'il veut réaliser ses ambitions.

Un texte de Angie Bonenfant

Le natif de Notre-Dame-du-Lac dans la région du Bas-Saint-Laurent se dit apte à relever tous ces défis. Si l'on croit les propos des experts avec qui nous nous sommes entretenus, ces défis seront nombreux et importants.

1. Investir dans le produit sur la glace

L'une des premières choses sur lesquelles le nouvel entraîneur devra travailler, selon le professeur de marketing sportif à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) André Richelieu, sera d'encourager ses supérieurs à acquérir des joueurs de premier plan.

« On a beau engager le meilleur entraîneur au monde, il va falloir investir dans le produit sur la patinoire », a-t-il dit lors d'une entrevue. Pour en arriver là, il faut que le propriétaire des Sens, Eugene Melnyk, soit en mesure de délier les cordons de la bourse.

« On vient d'acquérir un bon coach, mais ça prend aussi de bons joueurs qui sont capables de performer au niveau de la Ligue nationale. Et à mon avis, le tiers de l'équipe est composé de joueurs de la Ligue américaine qui ne sont pas prêts pour la Ligue nationale. »

Le professeur Richelieu soutient que Guy Boucher aura la responsabilité de faire valoir auprès de ses patrons l'importance d'avoir de bons joueurs sur la glace.

2. Se tenir debout face à Eugene Melnyk

Parlant du propriétaire des Sénateurs... le nouvel entraîneur devra se tenir debout face à un Eugene Melnyk impatient de gagner. Guy Boucher devra implanter son système de jeu sans entraves, indiquent nos experts.

« M. Melnyk a montré qu'il a tendance à faire du micromanagement », rappelle M. Richelieu. « S'il y a trop de micromanagement, Guy Boucher n'acceptera pas ça et son séjour dans la capitale nationale sera de très courte durée. »

Pour remettre le train des Sénateurs sur les rails, a-t-il poursuivi, ça prend un entraîneur du calibre de Guy Boucher, au style peu orthodoxe, mais ça prend aussi un peu de patience.

« Il y a un propriétaire un peu bouillant dans cette organisation-là qui aime changer les entraîneurs quand ça ne fonctionne pas tout à fait bien », a renchéri de son côté Martin Leclerc, analyste sportif à Radio-Canada Sports.

« J'espère que Melnyk va faire confiance à son équipe et qu'il va les laisser travailler. On chambarde complètement un programme sportif en apportant des changements à répétitions. L'histoire récente a démontré que ça n'a pas été positif d'agir comme ça chez les Sénateurs. »

3. Rallier l'équipe derrière son plan

L'un des plus grands défis de Guy Boucher, selon Martin Leclerc sera de " stabiliser son vestiaire ", en ralliant tout le monde derrière son message.

« Il y a eu beaucoup d'instabilité chez les Sénateurs au cours des dernières années. Il y a eu énormément d'entraîneurs qui ont défilé derrière le banc. Dans de telles circonstances, les joueurs deviennent téflon face à l'entraîneur parce qu'il y en a toujours un nouveau qui arrive quand les choses ne fonctionnent pas. Les joueurs finissent par se déresponsabiliser ».

« C'est un travail de vendeur » soutient quant lui Alain Sanscartier, analyste de hockey pour les Sénateurs d'Ottawa. « Guy Boucher doit vendre son message et ses idées et les joueurs doivent l'appliquer et l'exécuter. »

Guy Boucher détient un diplôme en psychologie du sport et, selon M. Sanscartier, cela va lui permettre de bien diriger ses joueurs.

« La dominante de Guy, c'est ses relations interpersonnelles. C'est un bon communicateur. Il faut qu'il emmène chaque joueur à adhérer à sa vision des choses. »

4. Soutenir son gardien de but

Au niveau du jeu, le nouvel entraîneur des Sénateurs devra améliorer sa défensive .

« L'équipe doit être appuyée par un bon gardien de but, à ce chapitre-là, c'est un peu plus brouillon », a admis M. Sanscartier. « Cependant, dans l'historique de Craig Anderson, ce n'est pas parce qu'il n'était pas bon. Le facteur blessure est souvent entré en ligne de compte. »

« Les Sénateurs ont raté les séries parce qu'ils ont eu beaucoup d'instabilité devant le filet. Andrew Hammond qui avait transporté l'équipe en séries a été blessé longtemps, cette saison », a indiqué Martin Leclerc. « Il y a eu un jeu de chaises musicales devant le filet et c'est très difficile de gagner dans la LNH, quand il n'y a pas de stabilité devant le filet ».

Martin Leclerc soutient également que Guy Boucher devra instaurer une meilleure cohésion au niveau de la défense.

« Il faut aider le gardien. Quand on est soumis à des bombardements en règle, soir après soir, ça peut être difficile. »

5. Gérer les égos

Finalement, un autre défi pour Guy Boucher sera de se tenir debout face à ses joueurs-vedettes. « Gérer l'estime de soi des joueurs qui ont un égo inversement proportionnel à leur contribution sur la glace », comme le souligne André Richelieu.

« Quelle sera la relation de M. Boucher avec Erik Karlsson? N'oubliez pas que ce dernier a provoqué directement le congédiement de Paul MacLean qui était considéré comme trop exigeant », rappelle-t-il.

« MacLean avait le même style que Guy Boucher. Si les gens disaient que MacLean était trop sévère, attendez de voir Guy Boucher. Ça va marcher droit dans le vestiaire des Sénateurs à partir de septembre, parce que lui, les demi-mesures, il n'accepte pas ça! »

« Ça pourrait faire des étincelles, si Karlsson ne comprend pas que Boucher est le patron », prévient M. Richelieu.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un avion s'écrase dans un arbre





Rabais de la semaine