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Guy Laflamme sacré Personnalité de l’année Radio-Canada/Le Droit

Radio-Canada et le journal Le Droit ont dévoilé la Personnalité de l'année 2017. Il s'agit du grand manitou des festivités d'Ottawa 2017, le producteur Guy Laflamme. Le jury a par ailleurs décerné un prix Coup de coeur aux bénévoles des inondations ainsi qu'à la linguiste Marie-Odile Junker.

Un texte de Nadine Phaneuf

Guy Laflamme est en deuil en ce moment. Il est en train de dissoudre l’entreprise Ottawa 2017 qu’il a fondée et dirigée au cours des trois dernières années. C’est lui le créateur et le grand chef d’orchestre des 200 événements qui se sont déroulés dans la capitale pour célébrer le 150e anniversaire de la Confédération.

Le maire d’Ottawa Jim Watson lui a donné carte blanche en 2014 et Guy Laflamme, reconnaissant, a relevé le défi porté par une citation de l’ancienne présidente du Libéria, Ellen Johnson Sirleaf : « Si vos rêves ne vous font pas peur, c'est que leur envergure n'est pas suffisante. »

C’est ainsi que sont nés dans la tête du producteur ce qu’il appelle des projets fous comme le Red Bull Crashed Ice, Kontinuum, La Machine, le Dîner entre ciel et terre, le Pique-nique sur le pont et Mìwàte.

Pendant trois ans, Guy Laflamme a travaillé entre 12 et 14 heures par jour, cumulant jusqu’à 160 journées de travail consécutives. Aujourd’hui, il n’en revient tout simplement pas que tout ait si bien fonctionné.

Un succès sans précédent

Les festivités de 2017 ont remporté un succès sans précédent dans la capitale. On estime les retombées de ces activités, dont la moitié pourrait revenir dans la région au cours des années à venir, à plus de 300 millions de dollars.

Ottawa 2017 a remporté huit prix de l'Association internationale des festivals et des événements (IFEA), en septembre dernier, en Arizona. À titre personnel, Guy Laflamme a quant à lui reçu l’Ordre d’Ottawa en novembre.

Le producteur, qui a longtemps oeuvré au sein de la Commission de la capitale nationale, peut donc dire mission accomplie. Il avoue être malgré tout surpris de recevoir le titre de Personnalité de l’année. Il affirme que plusieurs personnes méritaient cet honneur, à commencer par les 14 employés d’Ottawa 2017 qui l’ont soutenu sans relâche.

M. Laflamme s’est dit aussi honoré de succéder à Mauril Bélanger, couronné Personnalité de l’année 2016 à titre posthume : « Je suis honoré d’enfiler des souliers aussi grands. »

Âgé de 57 ans, Guy Laflamme doit donner au cours des prochains mois quelques conférences, notamment aux États-Unis et au Brésil, pour parler des leçons apprises lors des événements de 2017. Puis, l’heure sera à une retraite bien méritée auprès de sa famille, entre Ottawa, les Îles-de-la-Madeleine et les quatre coins du monde qu’il veut visiter.

Coup de coeur pour les bénévoles des inondations

Le jury de Radio-Canada et du quotidien Le Droit a aussi tenu à souligner le travail des bénévoles qui sont venus en aide aux sinistrés des inondations en mai dernier, en leur décernant un prix Coup de coeur.

Des milliers de personnes ont mis la main à la pâte des deux côtés de la rivière, de L’Orignal à Maniwaki. Elles ont rempli des sacs de sable, construit des digues, prêté leur chaloupe, donné des vêtements ou de la nourriture, gardé des enfants.

Anne Boutin était superviseure des bénévoles de la Croix-Rouge. Elle trouve extraordinaire que l’on reconnaisse l’élan de générosité du printemps dernier et demeure convaincue que la région s’en est mieux sortie que d’autres en raison du nombre de bénévoles à l’oeuvre. Elle soutient également que cet événement a contribué à créer un tissu social important dans la région :

De nombreux citoyens donnent encore de leur temps aujourd’hui pour offrir du soutien moral et de l’accompagnement aux sinistrés, des deux côtés de la rivière.

Coup de coeur à une amoureuse des langues autochtones

L'autre prix Coup de coeur du jury Radio-Canada/Le Droit a été remis à Marie-Odile Junker, une spécialiste de la linguistique fascinée par les langues autochtones.

Originaire de France, la linguiste a été surprise de découvrir, à son arrivée au pays, que l’on pouvait y étudier le mandarin et l’espagnol, mais pas les langues autochtones. Autre constatation de la chercheure : ces langues étant orales, elles étaient peu documentées et donc menacées de disparition.

Intéressée par la large famille des langues algonquiennes, parlées dans plusieurs communautés au pays, Marie-Odile Junker s’est tournée vers les technologies de l’information pour les préserver. Adoptant un modèle de recherche participatif, elle a travaillé non pas « sur » les autochtones, mais « avec » eux.

Le fait d’être de recevoir le prix Coup de coeur est une énorme récompense pour celle qui travaille sur ce dossier depuis 20 ans.

Avec l'aide des autochtones et celle d’autres chercheurs au pays, mme Junker a créé l'Atlas linguistique des langues algonquiennes. Il s’agit d’un site interactif qui permet d'écouter des phrases et des mots prononcés dans plusieurs langues de la famille algonquienne, comme le cri, l'innu et l'ojibwé. On y trouve aussi des dictionnaires des différentes langues algonquiennes.

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