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Hausse des congés de maladies au CISSS de l'Outaouais : c'est la faute à la réforme Barrette

Le professeur émérite en administration de la santé à l'École de santé publique de l'Université de Montréal, André-Pierre Contandriopoulos, soutient que la réforme Barrette dans le milieu de la santé est responsable du nombre élevé de cas d'employés en congés de maladie prolongés au Centre intégré de services de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais.

M. Contandriopoulos, rappelle que la réforme Barrette a été annoncée en 2014-2015 et mise en place dès la fin de 2015.

À la lumière des données sur la hausse des cas d'invalidité au CISSS de l'Outaouais, qui montrent une augmentation des cas de congés de maladie prolongés dès 2014-2015, le professeur Contandriopoulos ne peut que constater le lien entre la réforme Barrette et l'augmentation systématique des cas de maladie.

« Ce qui est intéressant », précise M. Contandriopoulos, « c'est que toutes les études qui ont portées sur l'environnement et qualité de vie au travail et sur la santé [des travailleurs] disent que chaque fois qu'il y a une détérioration de la qualité de vie au travail, il y a accroissement des problèmes de santé des travailleurs ».

Cette prise de position n'est toutefois pas partagée par la direction du CISSS de l'Outaouais.

En entrevue à l'émission Les matins d'ici, la directrice des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques du CISSS de l'Outaouais, Johanne Robertson, affirme qu'on ne peut attribuer cette problématique uniquement à la réforme Barrette.

« La progression [des cas de congés de maladie] s'est faite au cours des cinq ans, or le CISSS de l'Outaouais est en place que depuis deux ans et demi et déjà les établissements de la région qui maintenant constituent le CISSS de l'Outaouais étaient en progression d'assurance salaire », dit Mme Robertson. « Possiblement certains ajouts, certaines composantes qui viennent s'ajouter aux autres, font en sorte que c'est maintenant au point où on en est aujourd'hui, mais je ne peux pas dire que c'est dû exclusivement au fait qu'on est une si grande organisation. »

Le stress, le grand responsable

Le professeur Contandriopoulos rappelle que tout changement dans le milieu de travail peut porter atteinte à l'environnement, à l'autonomie des travailleurs, à la charge de travail, au recours aux heures supplémentaires, au climat organisationnel, au leadership, et la rémunération ou la reconnaissance de la part des dirigeants.

Et ces maladies peuvent être aussi bien psychologiques que physiques, indique M. Contandriopoulos, car selon lui « quand le stress augmente, le corps réagit et va devenir malade là, où le corps est le plus faible. Pour certains ce sera psychologique, comme de l'épuisement professionnel, un syndrome de fatigue chronique, et pour d'autres ça pourra être l'activation de maladies infectieuses, ça pourra être l'activation de maladies cardiaques. »

M. Contandriopoulos est d'avis que le problème avec la réforme Barrette se situe au niveau de la centralisation de la gestion de la santé au ministère de la Santé au détriment des régions.

Il affirme que les municipalités et les municipalités régionales de comté (MRC) doivent réclamer le rapatriement en région de la gestion de la santé.

« Il faut que localement, il y ait une voix », soutient M. Contandriopoulos. « Les municipalités, les MRC, même si la santé n'est pas leur responsabilité première, elles ont la responsabilité de voir à ce que les citoyens vivent bien. Elles doivent s'impliquer pour que, localement, onpuisse avoir les moyens de régler les problèmes à notre manière et à notre niveau. »

Avec les informations de la journaliste Laurie Trudel

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