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Hausse fulgurante des morts associées à la consommation d'opioïdes

Les morts reliées à la surconsommation d'opioïdes ont plus que doublé entre 2007 et 2013 dans le sud-ouest de l'Ontario, selon des chiffres du bureau de santé publique de Windsor-Essex obtenus par CBC.

Un texte de Édith Drouin

Les opioïdes sont des analgésiques puissants, tels que le fentanyl et l'oxycodone.

Une survivante

Tricia Konola. Photo : R-C/Laurence Martin

Tricia Konola a commencé à consommer des opioïdes après avoir été agressé physiquement par son petit copain. Ce dernier lui a donné de l'oxycodone pour gérer la douleur provenant de ses côtes cassées et de son bras fracturé.

Des problèmes d'approvisionnement l'ont bientôt forcée à se tourner vers l'héroïne et le fentanyl.

Tricia Konola a survécu à une surdose et est maintenant une patiente de la maison Sophrosyne à Windsor. Mais plusieurs de ses proches n'ont pas eu cette chance : « J'ai perdu 12 personnes depuis six mois ».

Elle a déjà des problèmes de consommation, notamment de cocaïne, depuis l'âge de 13 ans. Mais plusieurs personnes deviennent dépendantes après qu'un médecin leur ait prescrit des opioïdes. Ce genre de médicaments peut être donné aux patients qui souffrent du cancer ou qui sont victimes d'un accident de travail par exemple.

Des chiffres inquiétants

Selon le rapport du bureau de santé publique, le nombre de femmes hospitalisées pour ces raisons a quadruplé entre 2007 et 2013, soit un nombre 50 % plus élevé que la moyenne provinciale.

L'infirmière Judy Palesh indique qu'il y a plus d'abus de substances que ce qui est comptabilisé.. et que ces abus ne sont pas sans conséquence.

Si le problème est aussi présent dans la région de Windsor-Essex, c'est en partie à cause de la crise économique de 2008 qui a frappé durement l'industrie automobile, selon Karen Waddell, directrice générale de la maison Sophrosyne.

De nombreux résidents ont alors perdu leur emploi et éprouvé des problèmes financiers. Mais ultimement, la dépendance aux opioïdes tend à augmenter lorsque le nombre de prescriptions données par les médecins est en hausse.

Tous s'entendent donc pour dire qu'un meilleur suivi des médecins avec leurs patients et une vérification de leurs antécédents en matière de consommation d'alcool et de drogues fait partie de la solution.

Des programmes exigent également que les patients rapportent leurs timbres de fentanyl usagés pour en obtenir de nouveaux.

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