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Hedley : un amour de fan anéanti après des allégations d’inconduite sexuelle

Stéphanie Landry avait 12 ans la première fois qu'elle a entendu une chanson de Hedley à la radio. Elle a ensuite entretenu une relation d'affection pour le groupe canadien pendant plus d'une décennie. Aujourd'hui, comme d'autres admiratrices, la Gatinoise questionne son allégeance à une formation visée par de nombreuses allégations d'inconduite sexuelle.

Un texte de Kevin Sweet

« Au début, c’était surtout les paroles qui venaient me chercher, avec les expériences que j’ai vécues », confie nerveusement Stéphanie Landry âgée de 25 ans, mais qui était adolescente lorsqu’elle est tombée sous le charme de Jacob Hoggard, le chanteur du groupe Hedley.

C’était à l’époque où il était finaliste à l’émission Canadian Idol. « Moi et ma mère, on regardait Canadian Idol tous les dimanches, et je le trouvais donc beau, à 12 ans », raconte-t-elle.

Ça a été le coup de foudre. Par la suite, Stéphanie Landry est allée voir le groupe sept fois en spectacle à Montréal, à Ottawa et à Gatineau, en plus d’acheter tous les albums à leur sortie.

Jusque dans le sang

À l’âge de 15 ans, elle démontre encore plus son appui pour le groupe en se faisant tatouer les paroles de la chanson Old School dans le bas de son dos, à l’insu de ses parents.

Onze ans après ce coup de tête, Stéphanie Landry veut faire couvrir ce tatouage, car son groupe préféré est maintenant soupçonné d’inconduite sexuelle.

« Je le regrettais déjà, le tatouage, mais là, avec tout ce qui vient sortir... J’ai les paroles d’un homme qui peut faire ça, sur moi. C’est touchy, on peut dire. De savoir que j’ai aimé quelqu’un pendant des années, que j’avais 12 ans, et [...] qu’il pouvait faire ça en même temps, c’est un peu troublant. Tu ne peux pas croire que quelqu'un puisse faire ça, surtout ton amour de jeunesse », admet-elle.

De mère en fille

À l’époque, elle ne questionnait par les agissements de Jacob Hoggard sur scène, quand ce dernier se dénudait et montrait ses fesses pendant ses spectacles. Ces gestes, qu'elle jugeait alors anodins, n'ont toutefois plus la même portée.

« Dans le temps, [...] je n’en voyais pas de problème. Mais là, je me dis [...] que si tu fais ça, puis qu’il y a des pré-adolescentes, il y a quelque chose de mal dans ça », fait-elle valoir.

De mère en fille

Si la perspective de Stéphanie Landry a changé, c’est en partie à cause du mouvement #moiaussi, mais aussi parce qu’elle est la mère d’une fillette de cinq ans.

Sa fille est aussi une admiratrice du groupe, dont elle a entendu les chansons depuis le ventre de sa mère. Elle lui a d'ailleurs demandé d’aller voir le spectacle de Hedley, ce soir, à la Place TD.

« Je lui ai dit: "On va regarder ça." Maintenant, on n’y va plus », affirme Mme Landry. « Quand elle me demande de mettre la musique, je lui dis qu’on va écouter autre chose », poursuit-elle.

Mme Landry compte aussi accompagner sa fille dans ses choix musicaux et les spectacles auxquels elle assistera plus tard.

« Elle risque de me trouver tannante, mais aujourd’hui, on ne peut plus faire confiance à personne, avec toutes les histoires qui sortent », soutient-elle.

Il s'avère moins facile, par contre, de se débarrasser de ce tatouage qui dérange Stéphanie Landry de plus en plus.

« Que les allégations soient vraies ou pas vraies, ça ne me représente plus. Après avoir entendu toutes ces histoires-là, ce ne sont plus des paroles qui représentent quelque chose pour moi. Donc, oui, éventuellement je vais me le faire enlever », conclut-elle.

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