Du haut de 16 ans et coiffée de ses dreadlocks, Héloïse Yelle a l'air d'une adolescente tout ce qu'il y a de plus normal, mais quand elle ouvre la bouche et pousse quelques notes on est frappé par le décalage entre son apparence frêle et la profondeur de sa voix, une voix de chanteuse soul.

Un texte d’André Dalencour avec la collaboration de Karine Lessard

La jeune artiste se produira ce dimanche 16 juillet dans le cadre des Concerts intimes, une série d’événements musicaux qui se déroulent à La Nouvelle Scène jusqu’en novembre. Un spectacle devant public? Pas de quoi la déconcerter.

« J’ai commencé à jouer du violon à 4 ans. Donc ça fait quand même longtemps que j’ai la chance de faire des spectacles devant un public », explique celle qui réside à Saint-Pascal-Baylon, un petit village de l'Est ontarien.

Issue d’une famille de musicien – maman joue du violon, papa est guitariste – c’est à 7 ans qu’elle a eu la piqûre de la scène, après avoir assisté à un spectacle de Manon Séguin.

« Je pense que c’est la première fois que je voyais une chanteuse live devant moi. Je suis tombée en amour avec son look, sa voix, sa présence sur scène. C’est à partir de ce moment-là que je me suis dit : "Je veux chanter, c’est vraiment ce que je veux faire" », raconte-t-elle.

Elle a alors commencé des leçons de chant, puis à 8 ans elle s’est produite en concert pour la première fois. Depuis, la jeune fille a pris part à plusieurs festivals et concours, dans l’Est ontarien mais aussi au Québec. Elle a notamment eu la chance de participer à une tournée de huit spectacles avec Mario Pelchat et Nadja pendant le temps des fêtes.

« [Nadja] est devenue une de mes plus grandes influences, parce qu’elle faisait du soul », confie Héloïse. « Déjà, le nom le dit, c’est quelque chose qui va chercher l’âme, c’est quelque chose de profond. »

De Stevie Wonder à Gregory Charles

En tête de liste de ses influences, outre Nadja, on retrouve Stevie Wonder et plusieurs autres artistes afro-américains. Mais quand on lui demande avec qui elle aimerait partager le micro, la réponse fuse : Gregory Charles.

« Il a une façon d’écrire le soul que j’admire puis ça ressemble beaucoup à du Stevie Wonder, puis à toutes mes influences dans le fond », précise-t-elle.

Elle apprécie la profondeur de la musique soul, surtout quand il s’agit de chansons qui racontent une histoire, qui véhiculent des émotions. Rien que d’en parler, sa voix s’emballe, son regard s’allume.

Tracer sa route

Après neuf ans de cours de chant, aujourd’hui c’est le coaching qui lui permet de progresser. Elle n’hésite pas non plus à disséquer les performances de ses idoles.

« Je trouve que c’est bien d’avoir l’expérience et l’avis de différentes personnes », indique-t-elle. « Ce que je préfère faire, le soul tout ça… Ce sont des petits détails que je préfère aller chercher moi-même, puis d’analyser, de trouver exactement ce que j’aime, puis d’essayer de l’amener dans ma musique. »

Une fois le secondaire terminé – elle fréquente l’École secondaire catholique de Plantagenet - elle ne sait pas encore si elle poursuivra des études supérieures ou si elle continuera à chasser son rêve.

« C’est sûr que je préfère de loin chanter, que d’aller à l’école », dit-elle en pouffant de rire. « Je passe beaucoup de temps à me perfectionner […]. Je pratique je ne peux pas dire combien d’heures par jour. »

Héloïse espère un jour à vivre de sa musique et ambitionne de produire un album, pourquoi pas avec ses propres chansons – même si pour le moment elle « n’est pas rendue là encore ». D’ici là, ce se sont les œuvres des autres qu’elle interprétera lors de son concert, avec des chansons de Manon Seguin, Damien Robitaille, Kim Melrose, Jacques Brel, Catherine Major.

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