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« Héros du sport » : de mauvais nageur à Ironman en 10 mois

Les pieds dans le sable humide, Marc Smith attendait impatiemment le départ de son premier Ironman, au petit matin du 20 août 2017. Il s'apprêtait à nager 3,8 km dans un lac, alors que 10 mois plus tôt, il peinait à enchaîner les longueurs en piscine.

Un texte de Kim Vallière

L’homme de l’Ange-Gardien a longtemps hésité avant de se lancer dans l’aventure de ce triathlon extrême. Les 180 km de vélo et les 42,2 km de course qui succèdent à la natation ne l’inquiétaient pas trop. Son problème en était un aquatique.

« Je me débrouille dans l’eau, mais de là à nager des longueurs, je ne pouvais pas », se rappelle-t-il. En septembre 2016, il a décidé de remédier à la situation pour participer au Ironman de Tremblant l’été suivant.

Inscrit à des cours de natation, il s’est entraîné deux fois par semaine. Les premières semaines ont été douloureuses, puis il a commencé à maîtriser la technique. Il ne restait plus qu’à devenir à l’aise dans l’environnement.

« La première fois que j’ai fait une sortie en lac avec des amis, on avait nos “wetsuits”, la panique m’a pris. Après 15 minutes, je n’étais pas capable de mettre mon visage dans l’eau », explique-t-il, en précisant qu’il s’est éventuellement calmé.

L’homme de 53 ans a finalement retrouvé ses repères et a été en mesure de compléter les 3,8 km du Ironman en 1 h 31, malgré un accrochage avec d’autres compétiteurs qui l’a ralenti.

À sa sortie de l’eau, Marc Smith a enfourché son vélo pour dévaler les 180 km. Il n’avait jamais fait plus de 125 km en une journée.

« C’est sûr que ça m’inquiétait un peu [...] il y a deux ans je n’avais même pas de vélo de route », souligne-t-il, avec un sourire en coin. « J’avais eu beaucoup de conseils, donc j’essayais de me les rappeler . »

Il a complété le parcours en 7 h 05 avant de s’attaquer, malgré ses jambes fatiguées, à la dernière portion du Ironman, 42,2 km de course.

Le cinquantenaire a choisi d’alterner entre le pas de course et la marche pour compléter l’épreuve d’endurance en 14 h 02, presque une heure de moins que l’objectif qu’il s’était fixé.

« C’est le plus grand défi que je me suis donné, je ne pense pas en avoir un plus grand que ça dans ma vie. Ç’a été un accomplissement dont je suis fier », poursuit le père de famille, qui porte maintenant fièrement un tatouage du logo de Ironman sur son mollet gauche.

« La victoire est pour toujours, la douleur est temporaire »

L’athlète originaire de l’Outaouais n’a jamais eu peur de se lancer des défis un peu fous. À la fin de la quarantaine, il s’est inscrit à son premier marathon, deux ans après avoir commencé la course à pied. À quoi bon commencer par un parcours de 5 ou 10 km lorsqu’on peut y aller directement avec le 42,2 km?

« Ça m’a motivé à m’entraîner plus intensivement », lance M. Smith, qui a participé au Marathon d’Ottawa en 2012. L’épreuve n’a pas été de tout repos, les derniers sept kilomètres ont été particulièrement difficiles à compléter.

« Après avoir terminé, je m’étais juré de ne plus jamais en refaire parce que j’ai trouvé ça très pénible », raconte-t-il. Une promesse qu’il n’a pas tenue, il a depuis couru trois autres marathons avec comme objectif de terminer l’épreuve sous la barre des quatre heures, ce qu’il a réussi deux fois.

M. Smith n’est pas certain de faire un Ironman à nouveau, même s’il s’entraîne à la natation, au vélo et à la course à pied six jours sur sept. Dans son sous-sol de l’Ange-Gardien il a tout l’équipement nécessaire pour lui permettre de maintenir la forme, beau temps, mauvais temps.

Le directeur des services chez un concessionnaire automobile participera quand même au demi-Ironman de Tremblant cet été. Le dépassement de soi est un mode de vie pour le cinquantenaire, qui garde toujours à l’esprit un bout de phrase qui lui sert de motivation : « la victoire est pour toujours, la douleur est temporaire. »

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