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« Héros du sport » : deux frères d'Ottawa aux grandes ambitions en arts martiaux

C'est un lundi soir comme un autre au Dojo Douvris, dans le quartier Westboro à Ottawa. Des dizaines d'amateurs de karaté s'entassent dans la petite salle d'exercice pour effectuer leurs katas.

Parmi eux, deux frères qui ne vivent que pour les arts martiaux. Patrick Gourde, 13 ans, et son jeune frère Nathan, 9 ans, suivent les instructions de senseï Domenic Aversa.

« C'est ma passion. Mon père faisait du karaté et il est ceinture noire lui aussi. Quand j'étais plus jeune, il m'a montré et je lui ai demandé d'en faire plus. J'ai commencé à m'entraîner et à gagner des compétitions », raconte Patrick, qui passe plus de 25 heures par semaine à s'entraîner pendant l'année scolaire.

L'adolescent ne fait pas les choses à moitié. En plus du karaté, il suit des leçons de boxe, de kickboxing et de jiu-jitsu notamment. Il rêve de faire carrière dans les arts martiaux mixtes et de se battre un jour dans l'Ultimate Fighting Championship (UFC), la ligue professionnelle la plus prestigieuse de la planète dans ce sport.

« Mon but, c'est d'aller dans l'UFC et d'être le plus complet possible. Le karaté, c'est vraiment le fun, mais il faut aussi apprendre à se défendre par terre. Le karaté m'apporte beaucoup, mais je veux développer autre chose aussi », raconte le jeune, le plus sérieusement du monde.

Pour vivre sa passion, Patrick Gourde s'astreint à un horaire rigoureux. Il fait environ deux heures d'autobus tous les jours pour aller s'entraîner et s'assure de garder de bonnes notes à l'école. Ses parents lui imposent cette condition pour lui permettre de pratiquer ses sports.

Jamais assez

Les longues heures de travail donnent des résultats pour Patrick, qui a remporté de nombreuses compétitions dans les dernières années. Il a été champion du monde WKC (World Karate Commission) dans son groupe d'âge et a pris le deuxième rang d'un circuit professionnel de karaté, dans le nord-est des États-Unis cette année.

« Patrick est un bon étudiant, il travaille fort tout le temps. Quand il vient à l'école, au Dojo, il vient avec une bonne attitude, il veut travailler », dit son principal entraîneur, senseï Domenic Aversa.

Le jeune est tellement motivé qu'il faut parfois freiner son enthousiasme et ses ambitions. Son père raconte qu'il a été contraint de barrer la porte du petit gymnase qu'il a aménagé à la maison. Son aîné se levait en pleine nuit pour aller s'entraîner! Patrick a aussi réduit la cadence en se joignant au Dojo Douvris.

« Nous allons travailler moins d'heures, mais mieux », l'a convaincu son senseï.

Jamais loin de lui, au Dojo, on trouve son frère Nathan, qui a commencé le karaté un peu pour les mêmes raisons.

« Mon frère me montrait toujours des techniques quand j'étais plus petit. J'ai demandé à mon père de m'inscrire et maintenant je suis souvent ici », relate en peu de mots le jeune garçon, qui peine à cacher sa gêne.

S'il ne parle pas beaucoup, Nathan est aussi expressif que son grand frère sur le tatami. Il a d'ailleurs gagné une médaille de bronze à ses premiers championnats du monde WKC, en 2016, à Dublin, alors qu'il n'avait que sept ans.

« Je faisais toujours des combats avec mon frère. Depuis que j'ai commencé ici, je fais plus de tournois et j'ai commencé à monter. Je suis rendu là », ajoute le garçon, qui montre aussi un beau potentiel.

Si les deux frères poursuivent leur progression, le Dojo Douvris d'Ottawa pourrait bientôt se vanter d'avoir deux frères champions du monde. Pourquoi pas, même, deux frères qui s'affrontent dans l'UFC?

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