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« Héros du sport » : jouer comme une fille… au hockey masculin

Avec les tresses qui dépassent de son masque de gardienne de but, Sophie Levasseur est facile à repérer sur la patinoire. Elle est la seule fille des Royal Knights de Canterbury à Ottawa et une des deux représentantes féminines de sa ligue. Devant son filet, elle prouve qu'elle peut faire un aussi bon travail que les garçons... ou même mieux.

Un texte de Kim Vallière

Son chemin semblait tracé d’avance. Tous les joueurs de sa famille avant elle avaient été gardiens de but. Lorsque Sophie a choisi de passer du patinage artistique au hockey, le choix a été évident.

« La première fois que je suis embarquée sur la glace, je n’étais pas capable de patiner, même si je savais très bien patiner. Mes jambières étaient tellement larges que je n’arrêtais pas de tomber tout partout », raconte-t-elle, en se souvenant de ses débuts devant le filet à l’âge de sept ans.

Un simple ajustement d’équipement a été suffisant pour lancer sa carrière. Cinq ans plus tard, elle continue de jouer avec des équipes de hockey masculin.

« Je trouve que jouer avec les gars, c’est vraiment mieux parce que les tirs sont plus rapides et directs. Ils viennent à toi et ils tirent au filet », explique la jeune fille de 12 ans.

Son intégration au sein des Royal Knights s’est faite sans problème. Ses camarades l’acceptent sans condition, sur la patinoire et dans le vestiaire.

« Elle fait vraiment partie de l’équipe », explique l’entraîneur-chef, Dave Crockett. « Pour ses coéquipiers, la chose la plus importante n’est pas le fait qu’elle est une fille, c’est le fait qu’elle arrête la rondelle. »

Elle évolue avec des joueurs de son âge dans le pee-wee A, mais elle joue à l’occasion avec des équipes de niveau bantam où elle côtoie des joueurs deux ans plus vieux qu’elle.

« C’est correct parce que je suis meilleure que beaucoup de gardiens dans la ligue », explique la Franco-Ontarienne, pleinement en confiance.

Pour perfectionner sa technique, l’élève en sport-études à l’école Franco-Cité passe d’innombrables heures sur la glace. En plus de ses entraînements et de ses matchs, elle participe à des cliniques spécialisées pour gardiens de but.

À 1 m 78 sur patins, elle s’impose devant son filet et mise beaucoup sur sa technique pour se démarquer.

« Je défie beaucoup les gens, je me montre très grande et j’aime arrêter les rondelles avec mon gant. Je dois améliorer ma rapidité. J’analyse tellement le jeu que je sais ou la rondelle va aller, mais des fois je ne suis pas assez vite pour y aller », mentionne l’aînée de la famille Levasseur.

Suivre dans les traces des pionnières

Prouver à tous que les filles peuvent rivaliser avec les garçons à tous les niveaux est la mission avouée de Sophie, qui a des objectifs clairs pour l'avenir.

Elle veut participer aux Jeux olympiques d’hiver en hockey en 2026 ainsi qu’à ceux d’été en baseball. Elle rêve aussi de jouer dans la Ligue nationale de hockey (LNH) « pour prouver aux plus jeunes que ce n’est pas parce qu’on est des filles qu’on est moins bonnes. »

D’autres gardiennes avant elle ont montré qu’il était possible pour les femmes de rivaliser avec les hommes sur la patinoire.

Manon Rhéaume est devenue la première (et la seule) à garder les buts dans la LNH dans un match hors concours avec le Lightning de Tampa Bay en 1992.

Plus récemment, Charline Labonté a été sélectionnée au repêchage de 1999 de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) et elle s’est taillé un poste avec le Titan d’Acadie-Bathurst la saison suivante.

Pour Sophie, c’est plutôt Shannon Szabados qui lui sert de modèle à ce chapitre. Comme Rhéaume et Labonté, elle s’est démarquée avec Équipe Canada aux Jeux olympiques.

« Elle a déjà pratiqué avec les Oilers d’Edmonton et je la trouve très bonne », mentionne l’Ottavienne, qui aime aussi le style de jeu de Corey Crawford, le gardien des Blackhawks de Chicago. « Tout le monde dit que je joue comme lui. »

L’an prochain, la gardienne espère tenter sa chance avec des équipes féminines pour la première fois, tout en continuant à jouer avec les garçons.

Cette passionnée a aussi écrit un livre avec sa soeur et ses parents. Les Sénateurs d’Ottawa, le triomphe de la détermination revient sur des moments marquants de l’histoire du hockey au Canada.

Comme quoi il n’y a jamais assez de hockey dans la vie de Sophie Levasseur.

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