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Hydropothicaire, le principal fournisseur de cannabis du Québec

L'usage de la marijuana à des fins récréatives sera permis à la mi-octobre. Les principaux acteurs de cette industrie naissante se préparent depuis plus d'un an. C'est le cas d'Hydropothicaire, située à Gatineau, au Québec, qui sera le principal fournisseur du gouvernement québécois. Portrait.

Un texte de Catherine François

Hydropothicaire a été fondée en 2013, quand le gouvernement canadien a autorisé la vente de cannabis à des fins médicales. L’entreprise s’est depuis spécialisée dans ce domaine. Elle vend sur Internet des produits sans fumée de marijuana médicale, des gélules et des vaporisateurs sublinguaux.

En signant un contrat avec le gouvernement du Québec pour devenir son principal fournisseur, l’entreprise s’est lancée dans des travaux d’agrandissement majeur de ses serres pour augmenter considérablement sa production. « On parle d'une superficie de serres au médical d'à peu près 50 000 pieds carrés et on se voit aller à un facteur de 20 fois plus grand en décembre. On va opérer au-dessus de 1,3 million de pieds carrés pour une production annuelle de 108 tonnes de cannabis », explique Sébastien St-Louis, président fondateur d’Hydropothicaire.

Ces investissements de 400 millions de dollars ont été financés en partie par l’entrée en bourse de l’entreprise. Et ils seront vite rentabilisés, car avec ce contrat, Hydropothicaire a mis la main sur la poule aux oeufs d’or : l'entreprise entrevoit plus d’un milliard de dollars en revenus au cours des cinq prochaines années, avec la production de 20 tonnes de cannabis cette année, 35 tonnes la 2e, 45 tonnes la 3e et 50 tonnes par la suite.

« Donc, à peu près la moitié de notre production sera pour le gouvernement du Québec », précise Sébastien St-Louis.

Et bien sûr, Hydropothicaire embauche depuis des mois à tour de bras. Fin mai, elle comptait quelque 165 employés, parmi lesquels des agronomes, des chimistes et toutes sortes d’experts et de spécialistes qui travaillent actuellement à la mise au point de produits pour du cannabis récréatif sans fumée.

La qualité, la marque de commerce d’Hydropothicaire

Pour visiter les serres d’Hydropothicaire, il faut enfiler un costume, un casque protecteur et des protège-chaussures pour ne pas contaminer l’environnement des précieuses plantes.

Les mesures d’hygiène sont très strictes et la qualité du produit est contrôlée de A à Z dans la chaîne de production. « Ce qui veut dire : aucun pesticide synthétique, standardisation, beaucoup de tests qualité, plus de 450 tests différents de qualité et de points de contrôle pour s'assurer qu'on livre toujours quelque chose de salubre aux clients », assure M. St-Louis.

Devenir leader dans l’industrie mondiale du cannabis

Hydropothicaire fait déjà partie des gros joueurs actuellement en place sur le marché canadien du cannabis, qui est en émergence. Avec ce contrat signé avec la Société québécoise du cannabis, l'organisme qui gérera l’ensemble de la production et de la distribution au Québec, l’entreprise devient un des leaders de cette industrie. Mais elle ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

« On a l'opportunité de développer ici, au Québec, une expertise et une industrie avec des milliers d'employés et devenir leader mondial pour exporter non seulement le produit comme tel, mais aussi l'expertise. Et bâtir une multinationale, c'est notre but au cours des 5 et 10 prochaines années », déclare Sébastien St-Louis.

L'entrepreneur de 34 ans est au demeurant personnellement convaincu que le gouvernement canadien avance dans la bonne direction en légalisant le cannabis. Il se réfère à l’expérience récente dans les États américains qui ont suivi cette voie.

« Premièrement, on voit une réduction de l'utilisation chez les jeunes. Donc ça, moi je vois ça gagnant de tout bord tout côté. On voit aussi une réduction de la consommation d'alcool chez tous les segments d'à peu près 15 % de la population, donc un autre bénéfice sociétaire qui en découle. Et ensuite, évidemment, [on voit] une réduction de la criminalité, une augmentation des revenus pour le gouvernement, pour des programmes sociaux. Et finalement, [c'est] un produit consistant, salubre et de qualité pour le consommateur », dit-il.

Autant d’arguments repris par le premier ministre canadien pour justifier la tenue de cette promesse électorale. Le projet de loi, qui a été amendé par le Sénat canadien et dont une bonne partie de ces amendements viennent d’être rejetés par le gouvernement, doit maintenant repasser devant la Chambre des communes : un petit va-et-vient législatif qui va retarder de quelques semaines encore l’entrée en vigueur de cette légalisation.

Le cannabis à des fins récréatives sera légal au Canada dès le 17 octobre.

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