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Il fait face à la déportation en raison d'une lettre postée à son ancienne adresse

Un homme qui habite avec des membres de sa famille à Cantley demande une deuxième chance à Immigration Canada. Il a reçu un avis de déportation parce qu'il ne s'est pas présenté à des audiences pour défendre son dossier d'immigration. Or, il n'a jamais reçu ces avis... parce que les correspondances ont été envoyées à son ancienne adresse.

Cela fait plus d'un an que Marc Abou-Abdallah tente de naviguer à travers un dédale administratif pour retrouver son statut de résident permanent qu'il a perdu parce qu'il ne s'est pas présenté à des audiences pour défendre son dossier d'immigration.

« La convocation est arrivée à la mauvaise adresse », soutient Marc Abou-Abdallah, qui a déménagé à quelques reprises depuis son arrivée au Canada.

Les premières fois, il a effectué ses changements d'adresse directement sur le site d'immigration Canada, mais pas la dernière fois. Il a fait son changement d'adresse seulement auprès d'agences gouvernementales québécoises, pensant que ses informations seraient partagées entre les différentes branches des gouvernements provincial et fédéral. Il concède que c'était une erreur de sa part.

« Je n'accepte pas que la lettre soit envoyée sans accusé de réception et [Immigration Canada] considère qu'envoyer la lettre c'est bon, c'est fini. Une telle lettre, si importante, qui touche le sort et l'avenir d'une personne, on l'envoie de cette façon-là? »

Sa vie en suspens

Avec l'attente de la déportation, la carrière de Marc Abou-Abdallah se retrouve en suspens. Ce professeur spécialisé en histoire du Proche-Orient tente de se forger une carrière académique, entre autres, à l'Université Saint-Paul d'Ottawa.

Comme il ne sait pas exactement quand aura lieu sa déportation vers le Liban, il ne peut pas prédire quand il pourra effectuer un retour comme chargé de cours.

L'avocat Joseph Daoura, qui a en main ce dossier, n'a jamais vu un cas similaire dans sa pratique. « J'ai demandé une certaine flexibilité, une certaine clémence, dans le cas de notre client », dit-il.

Me Doura estime que les correspondances de la Section d'appel de l'immigration (SAI) pourraient se faire différemment pour s'assurer que les avis arrivent au destinataire. Il affirme qu'il n'a jamais vu un tel cas dans sa pratique. « J'ai vu une injustice dans un sens, dans un sens que c'est peut-être un concours de circonstances, fait en sorte que ce n'est ni la faute du SAI ni la faute de mon client ».

Il déplore le concours de circonstances qui a mené son client jusque-là, et suggère au passage de consolider les formulaires et l'utilisation étendue du courrier électronique pour éviter que ce type de situation survienne à nouveau.

Un virage vers les messages électroniques qui sont devenus courants pour d'autres instances où une personne doit comparaître. « Même dans les tribunaux civils, maintenant la notification et la signification par moyen électronique qui est le courriel, il est dûment accepté et admis. Alors, pourquoi ne pas le faire appliquer dans ces cas pareils? » se questionne l'avocat.

En attendant d'être déporté, Marc Abou Adallah ne s'avoue pas encore vaincu. Il considère avoir un bon dossier et se prépare à refaire une demande à Immigration Canada.

« Ce que je demande, c'est de m'accorder de nouveau le statut de résident permanent, car je l'ai perdu si je peux dire, entre guillemets, pour une raison vraiment stupide », conclut-il.

Par ailleurs, Immigration Canada rappelle qu'il est essentiel que les candidats mettent à jour leurs coordonnées lors du processus de demande. Ceci peut être fait en se rendant à la page de changement d’adresse du site Internet d'Immigration Canada.

Avec les informations de Carla Oliveira

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