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Il faut créer une université de langue française à Toronto, selon un rapport

La grande région de Toronto doit avoir une université franco-ontarienne, conclut un rapport très attendu sur les besoins en éducation postsecondaire en français. Une proposition que le gouvernement provincial promet d'étudier sérieusement. 

Un texte de Laurence Martin et de Valérie Ouellet

Le rapport intitulé Le temps d'agir! a été préparé par le Comité consultatif de l'éducation postsecondaire en langue française dans le Centre et le Sud-Ouest de l'Ontario. 

Le comité, qui est composé d'experts en éducation et de représentants étudiants, recommande que la future université soit regroupée avec le Collège Boréal, afin de créer un nouveau campus à double vocation.

Le Collège Boréal offre déjà des programmes de niveau collégial en français un peu partout dans la province. 

Selon les auteurs, ce regroupement permettrait de réaliser des économies, mais aussi de créer plus de « passerelles pour les étudiants entre les différents programmes collégiaux et universitaires ».

Surtout, le comité souligne l'urgence d'agir pour ne pas que les francophones se tournent les universités de langue anglaise, faute d'options en français. 

La province ne ferme pas la porte

En entrevue à Radio-Canada, le ministre de la Formation, des Collèges et des Universités, Reza Moridi, s'est engagé à franchir les premières étapes pour créer éventuellement une université de langue française dans le centre ou le sud-ouest de la province.

La première étape, selon lui, sera de faire appel à un tiers parti pour étudier la faisabilité du projet. Ce comité de planification devra évaluer, entre autres, l'intérêt des potentiels étudiants pour le projet, son coût, et se pencher sur les emplacements possibles d'un futur campus.

Reza Moridi affirme que si une université franco-ontarienne voit le jour, elle serait sans doute affiliée à une université bilingue déjà existante au départ.

Il s'agirait d'un parternariat d'ordre académique, explique-t-il, par exemple, pour les diplômes. Par contre, l'université franco-ontarienne serait gérée par les francophones et pourrait, un jour, devenir complètement indépendante.

Les regroupements étudiants satisfaits

C'est tout un changement de cap pour le gouvernement de Kathleen Wynne, qui penchait encore pour une formule virtuelle, en février, quand une centaine d'étudiants ont manifesté devant Queen's Park pour réclamer la création d'une université de langue française en Ontario.

Après plus d'un an de mobilisation, le président de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO), Jérémie Spadafora est satisfait du rapport.

La fédération avait une représentante au sein du comité, dit-il, et le point de vue des étudiants des écoles secondaires de langue française a été entendu.

Geneviève Borris, du Regroupement étudiant franco-ontarien, souligne par contre que l'indépendance de l'université demeure au coeur des demandes. 

Elle rappelle également que la province n'a toujours pas pris d'engagement concret dans le dossier. 

 

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