La chanson Notre place officiellement reconnue comme l'hymne des Franco-Ontariens, en mars. Le dépôt d'un projet de loi privé sur le bilinguisme de la Ville d'Ottawa, en mai. L'annonce de la création d'une université francophone, en août. Il va sans dire, les Franco-Ontariens ont le vent dans les voiles.

Un texte d'Angie Bonenfant

Ils sont sans contredit dans les bonnes grâces du gouvernement libéral qui ne cesse de leur offrir de beaux cadeaux depuis un an.

Le gouvernement de Kathleen Wynne a aussi annoncé la création d'un ministère des Affaires francophones, fin juillet, a présenté des excuses officielles pour le Règlement 17, en février 2016, et a annoncé, en février 2017, la construction d'un monument à Queen's Park qui rendra hommage aux francophones de l'Ontario.

Les Franco-Ontariens revendiquent depuis des décennies, mais c'est au cours des derniers mois et presque en même temps que plusieurs projets se sont concrétisés. Doit-on voir une réelle volonté du gouvernement libéral d'améliorer le sort des Franco-Ontariens ou est-ce simplement une stratégie électorale?

Quelques-uns des cadeaux

FÉVRIER 2016 : La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, a présenté à Queen's Park des excuses officielles aux francophones concernant le Règlement 17, qui a banni de 1912 à 1927 l'enseignement du français dans les écoles ontariennes.

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MARS 2017 : La chanson Notre de place des compositeurs Paul Demers et François Dubé devient officiellement l'hymne des francophones de l'Ontario.

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MAI 2017 : La députée d'Ottawa-Vanier, Nathalie Des Rosiers, dépose un projet de loi privé pour enchâsser dans la Loi sur la Ville d'Ottawa le règlement municipal sur le bilinguisme et la politique de la Municipalité sur les services en français.

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FÉVRIER 2017 : Un monument dédié à la présence francophone dans la province et à la contribution des Franco-Ontariens à la société sera érigé sur la pelouse de l'entrée principale des terrains de Queen's Park.

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JUILLET 2017 : La première ministre Wynne annonce la création d'un ministère des Affaires francophones, qui remplace l'Office des affaires francophones. La députée d'Ottawa-Orléans, Marie-France Lalonde, est nommée à la tête de ce ministère.

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AOÛT 2017 : Le gouvernement de l'Ontario confirme qu'une université francophone de « taille modeste » ouvrira ses portes au centre-ville de Toronto. Cette université pourrait voir le jour en 2020.

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Un long travail des Franco-Ontariens

Pour le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), Carol Jolin, la question n'est pas de savoir si les annonces du gouvernement ont été faites en raison des prochaines élections provinciales, prévues l'an prochain.

« Si l'avènement d'élections nous permet de faire avancer des dossiers pour la cause des francophones en Ontario, qu'il en soit ainsi. C'est une bonne chose », a-t-il déclaré lors d'une entrevue téléphonique.

Les mobilisations franco-ontariennes ont été très importantes ces dernières années et ont probablement pesé davantage dans la balance, selon lui. Les annonces du gouvernement n'ont pas été faites accidentellement.

« Ce sont tous des dossiers sur lesquels on [les acteurs de la francophonie en Ontario] travaille depuis un bon moment avec le gouvernement », a souligné M. Jolin.

Même si elle partage cette dernière opinion, Linda Cardinal, titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques de l'Université d'Ottawa, n'occulte pas tout à fait les ambitions électorales des libéraux de Mme Wynne.

« Je ne dirais pas que c'est une stratégie électorale, par contre c'est sûr que ça vient un an avant les élections », a-t-elle évoqué. « On sait très bien qu'en politique, quand on arrive près des élections, les gouvernements peuvent se transformer en pères Noël. »

Mme Cardinal rappelle que de tous les cadeaux offerts par le gouvernement libéral depuis un an à la communauté franco-ontarienne, la création de l'université francophone est la seule annonce qui doit venir avec une enveloppe budgétaire.

« Tout le reste, c'est très symbolique et cela n'a pas exigé d'investissements supplémentaires. Même la création du nouveau ministère des Affaires francophones vient sans nouveau financement », a -t-elle souligné.

Encore des dossiers à régler

En revanche, les deux experts s'accordent pour dire qu'il reste encore beaucoup de travail et que tous les dossiers franco-ontariens ne sont pas réglés. Au niveau de la réforme de la Loi sur les services en français ou de l'immigration francophone, on est encore loin de la coupe aux lèvres, a souligné M. Jolin.

« L'hymne national, c'est très beau, mais ça ne donne pas plus de services. Les excuses pour le Règlement 17 ont permis de clore un épisode très sombre dans l'histoire de la francophonie en Ontario, mais ça non plus, ça n'a pas donné plus de services », a rappelé Mme Cardinal.

En matière de francophonie, le gouvernement ontarien manque de leadership dans certains secteurs. Que ce soit au niveau de la déficience intellectuelle, de la santé mentale, de l'identité linguistique sur la carte de santé, du domaine de la justice ou de la violence faite aux femmes, ça traîne, se plaint-elle.

Bref, les dossiers qui ont été accordés jusqu'à présent ont probablement été les plus faciles à boucler, a-t-elle résumé.

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