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Il y a 20 ans, le cauchemar de la crise du verglas prenait fin

Il y a 20 ans, l'une des pires catastrophes naturelles de l'histoire du pays touchait à sa fin. La crise du verglas a fortement affecté la région de Gatineau et d'Ottawa. Gatineau a été la ville la plus touchée avec 16 000 foyers privés de courant.

Le 14 février 1998, au Château Laurier à Ottawa, Olivier, 8 ans, a joué du piano, notamment La lettre à Élise de Beethoven, pour remercier à sa façon l’hôtel qui a accueilli sa famille pendant la crise du verglas.

« Ma mère a voulu écrire une lettre pour remercier le Château Laurier de son hospitalité », a alors expliqué Olivier. Pour sa part, le jeune garçon a offert ses services comme pianiste.

Revenons quelques semaines plus tôt, au début janvier, alors qu'une forte tempête de pluie verglaçante frappe plusieurs régions de l'Est du Canada. Les arbres alourdis par la glace cassent les fils électriques. En quelques minutes, des milliers de foyers sont plongés dans le noir.

Plus les journées passent, plus les scènes sont apocalyptiques. Sous le poids de la glace, des pylônes en acier s'effondrent, des poteaux en bois basculent et des câbles électriques se décrochent.

« On pensait tous que ça ne durerait pas, [...] mais quand on a vu que ça commençait à durer plus longtemps et que ça n'arrêtait pas, il y a eu une espèce de vent de panique », commente Pierre Glaude, alors secrétaire général de l'Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO).

Au plus fort de la crise, 300 000 résidences n'ont plus de courant des deux côtés de la rivière des Outaouais. Certains résidents trouvent refuge chez leurs voisins.

« Moi ici, ça allait bien, j'avais le foyer à combustion lente, j'avais un peu d'équipements de camping et tout ça, alors on s'est organisé », raconte Gabrielle Tassé, résidente de Cantley.

À Gatineau, la Croix-Rouge intervient pour aider les résidents. Dans certains villages, c'est l'armée qui est envoyée.

L'Outaouais n'était relié à l'ouest du Québec que par une seule ligne d'électricité qui partait de Mirabel pour se rendre au poste de Vignan, à Gatineau.

Les éleveurs durement touchés

Privés d’électricité, des éleveurs doivent traire leurs vaches plus régulièrement et travaillent dur pour protéger leurs animaux.

« L'épuisement, c'était le premier problème », précise M. Glaude. « J'en ai vu des yeux rouges, j'ai vu des gens avoir de la difficulté à marcher tellement ils étaient fatigués. C'était la vie familiale qui était perturbée, c'était l'entreprise qui était à risque, c'était le lien que les gens ont avec leurs animaux qui en prenait un coup ».

Certains éleveurs doivent se résoudre à abattre leur bétail tombé malade.

« Jusqu'à présent, on a perdu une bonne cinquantaine d'agneaux, puis là on a perdu sept brebis on a eu dix avortements », a témoigné un éleveur de la région, en vidant des sacs d'animaux morts. « Moi, je sors mes agneaux tous les jours dans une poche, c'est pas drôle ».

Dans l'Est de l'Ontario, le secteur agricole est encore plus durement touché. Pour plusieurs fermiers, c'est le désespoir total.

« Il me semble que j'aurais pu avoir plus d'aide que ça, j'ai manqué de support, c'est humiliant de demander et de ne pas recevoir », a confié un agriculteur.

Au total, une trentaine de personnes ont perdu la vie au pays lors de la crise. Certaines intoxiquées par un chauffage inadéquat, d’autres par hypothermie ou après une chute.

Selon M. Glaude, ce sombre épisode a tout de même révélé une forte solidarité entre les résidents de la région.

« On s'aperçoit que la solidarité, ça existe toujours. En temps de crise comme ça, les agriculteurs savent s'entraider et être très solidaires », a commenté M. Glaude. « On a appris à gérer les risques et ça, c'est très important. »

D’après un reportage de Daniel Bouchard

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