De nos jours, allumer une cigarette dans un hôpital, une école ou un édifice public est tout simplement inconcevable. Or, il fut un temps où il était permis de le faire. La pratique était d'ailleurs tellement ancrée dans les mœurs que le 1er avril 1987, Radio-Canada avait même osé faire un vrai-faux reportage sur une pseudo interdiction de fumer dans les édifices publics fédéraux. 

À la fin des années 80, il était encore tout à fait normal de fumer à l'intérieur dans la majorité des endroits ouverts au public et l'interdiction d'une telle pratique était perçue comme une hérésie.

À l’époque, le phénomène des fausses nouvelles n’était pas un enjeu sociétal comme il peut l’être aujourd’hui et la Société d’État ne s’était pas privé d’aller sur ce terrain-là pour réaliser un poisson d’avril fumant, littéralement, micro-trottoir à l’appui.

Très ironiquement, le journaliste Mario Hinse se permet en préambule de blâmer le lobby antitabac pour ce changement drastique.

On le voit même plus tard en train de déambuler sur la colline du Parlement, cigarette au bec, alors qu’il évoque à la caméra « ces mesures rigoureuses » prises par le gouvernement Mulroney.

La réalité va rattraper la fiction huit ans plus tard, en 1995, quand le Québec lance le premier Plan d'action québécois de lutte contre le tabagisme, qui débouchera sur la création et l’adoption de la Loi sur le tabac, en 1998.

Cette réglementation va consacrer l’interdiction de fumer dans les lieux publics fermés et les milieux de travail. En 2005, le dispositif est élargi aux bars et aux restaurants.

Par contre, en Ontario et dans plusieurs autres provinces, ce sont plutôt les municipalités qui ont mené le bal, les lois provinciales arrivant un peu par la suite, quand le consensus était établi.

À l’échelle du pays, c’est en 1999 que les ministres de la Santé fédéral, provinciaux et territoriaux ont approuvé une stratégie commune de lutte contre le tabagisme.

Selon plusieurs experts, l’adoption de ces mesures a entraîné une chute de la prévalence du tabagisme au Canada au cours des 50 dernières années. Alors qu'environ 50 % des Canadiens de plus 15 ans fumaient en 1965, ils étaient 15 % en 2013.

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