Cinquante ans après l'effondrement du pont Heron, à Ottawa, les survivants et les proches des neuf personnes tuées se souviennent. Il s'agit de l'une des pires tragédies touchant des travailleurs en Ontario.

Un texte de Jérôme Bergeron

Réunies devant la plaque commémorative à la mémoire de ces travailleurs tués le 10 août 1966, une centaine de personnes ont participé à une cérémonie qui visait à rebaptiser le pont.

Il y a 50 ans jour pour jour, Denis Malette, 22 ans, se trouvait sur le tablier du pont en construction lorsqu'une « vague de débris » l'a projeté approximativement 20 mètres plus bas.

Denis s'en est sorti avec des fractures à la mâchoire, au nez et aux dents ainsi qu'une sévère commotion, mais il a perdu neuf collègues et une soixantaine d'autres sont transportés à l'hôpital.

Aujourd'hui, de vives émotions lui reviennent à l'esprit.


L'homme, maintenant âgé de 72 ans, se rappelle ses amis qui ont perdu la vie cette journée-là.

Il en garde encore des séquelles, il n'a presque plus de sensation à l'avant de la mâchoire, mais ce n'est rien, comparativement à certains de ses collègues.

« D'autres sont sortis [de l'hôpital] en fauteuil roulant et y sont restés pour toujours. Certains n'ont pas vécu longtemps ensuite », lance-t-il, la gorge nouée.

Malgré tout, il n'a pas cessé son travail dans la construction, mais il n'a plus jamais voulu travailler sur des grues, n'ayant plus « assez de nerfs », dit-il.

« J'étais à la recherche de mon père »

L'après-midi du 10 août 1966, Gilles Lamadeleine entend à la radio qu'un vaste chantier de construction s'est effondré. C'est celui où son père, Omer, travaillait, chemin Heron.

À ce moment, il ne savait pas que son père avait perdu la vie. 

Quand à Denis Malette, il se souvient encore à ce jour de la mort d'Omer Lamadeleine.

Le pont rebaptisé

Lundi midi, plusieurs survivants et des proches des victimes ont assisté à la cérémonie pour renommer le pont. Il porte désormais le nom de Pont commémoratif des travailleurs du chemin Heron.

Le maire soutient que les piétons et les automobilistes se rappelleront dorénavant cette tragédie, chaque fois qu'ils emprunteront le pont.

Le président du Conseil du travail d'Ottawa Sean McKenny a tenu à rappeler que cet événement a fait changer les choses en Ontario.

« Cette tragédie nous a donné une importante leçon, en l'occurrence, que la sécurité et la santé de nos travailleurs doivent être une priorité absolue à Ottawa », dit-il.
L'événement a également forcé le gouvernement ontarien à apporter d'importants changements à la Loi sur la santé et la sécurité au travail.

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