Retour

Immigration francophone : l'Ontario peut-il s'inspirer du Manitoba ?

La comparaison peut paraître tirée par les cheveux. Le Manitoba accueille quelques centaines d'immigrants francophones chaque année, contrairement à quelques milliers en Ontario. Les deux provinces ont des populations, des réalités différentes. 

Malgré tout, le Manitoba est souvent cité en exemple en matière d'immigration francophone, entres autres par le Commissaire aux langues officielles, Graham Fraser. Voici 4 leçons que l'Ontario peut apprendre de son voisin de l'Ouest.

Un dossier de Laurence Martin et de Valérie Ouellet

1. Reprendre le contrôle de l'immigration

Jusqu'en 2012, c'était le gouvernement provincial - et non le fédéral - qui choisissait les immigrants en fonction de ses besoins. Une situation assez unique au Canada.

Selon Daniel Boucher, PDG de la Société franco-manitobaine, ce contrôle a donné au Manitoba les coudées franches pour favoriser des candidats francophones.

Sauf qu'en 2012, le fédéral a décidé de reprendre en main le Programme des candidats des provinces (PCP), qui permettait au Manitoba de sélectionner ses immigrants. 

Coïncidence intéressante : le nombre annuel d'immigrants francophones a atteint un sommet en 2012 : 507. Depuis, le nombre a stagné ou légèrement diminué. 

2. Créer un guichet d'accueil unique

Une des grandes forces du modèle manitobain, c'est l'Accueil francophone, un organisme qui facilite l'établissement des immigrants au Manitoba.

L'Accueil prend en charge les immigrants dès leur arrivée à l'aéroport. On les accompagne durant leur première semaine dans la province, en les aidant à ouvrir un compte bancaire, obtenir une carte d'assurance-maladie, trouver des écoles en français pour les enfants ainsi qu'un logement. 

Après, on offre des camps d'été et des cours de patinage gratuits. Il y a aussi une banque alimentaire.

L'idée, c'est que les immigrants se sentent bien accueillis, mais aussi qu'ils connaissent bien les services en français dans la province.

3. Collaborer avec les organismes anglophones

L'un des défis en Ontario, c'est que plusieurs immigrants francophones ignorent souvent l'existence de services en français. 

Au Manitoba, selon Daniel Boucher, les immigrants sont souvent mieux dirigés : 

Bien sûr, il reconnaît que c'est plus facile au Manitoba, où la communauté francophone est beaucoup plus petite et plus regroupée, mais une meilleure collaboration en Ontario pourrait faire une différence. 

4. S'assurer que les immigrants restent et miser sur la solidarité

Bien sûr, tout n'est pas rose au Manitoba. La province s'est fixé une cible ambitieuse - que 7 % de ses immigrants soient francophones - mais, comme en Ontario, le taux actuel est d'environ 2 %.

Sauf qu'il y a eu une augmentation majeure depuis 15 ans, comme le démontrent ces chiffres fournis par le gouvernement du Manitoba.  

Daniel Boucher affirme qu'environ huit immigrants francophones sur dix qui arrivent au Manitoba choisissent de rester. 

« On va atteindre la cible éventuellement, dit Daniel Boucher, mais ce qui est important, c'est que les gens qui viennent ici demeurent dans notre communauté. »

Ibrahima Diallo, un des premiers Sénégalais à avoir immigré au Manitoba, en 1984, souligne la solidarité entre Franco-Manitobains, qu'ils soient immigrants ou non. 

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine