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Impressionnisme français et trésors danois à (re)découvrir au MBAC

Monet, Pissaro, Gauguin, Cézanne, Renoir, Morisot, mais aussi Hammershoi, Eckersberg et Kobke : autant de noms de maîtres impressionnistes et postimpressionnistes français et scandinaves qui font partie des Trésors impressionnistes, une exposition présentée du 18 mai au 9 septembre au Musée des beaux-arts du Canada (MBAC).

Un texte de Valérie Lessard

Cette exposition représente une occasion unique et inédite en Amérique du Nord de voir une sélection de chefs-d'oeuvre de la collection danoise Ordrupgaard.

D'entrée de jeu, la photo grand format d'une des pièces de la résidence-musée de Wilhelm et Henny Hansen, sise à Ordrupgaard, en banlieue de Copenhague, témoigne de l'époustouflante réalité : le couple a vécu au quotidien entouré de toutes ces toiles aujourd'hui accrochées aux murs du MBAC.

Magnat de l'assurance, Wilhelm Hansen (1868-1936) a collectionné par réelle passion, non sans s'assurer de rendre ses acquisitions accessibles au public, à qui sa femme et lui ouvraient leur maison une fois par semaine. L'homme d'affaires achète d'abord des toiles des maîtres de l'âge d'or danois, notamment Wilhelm Eckersberg, et de ses contemporains, incluant Vilhelm Hammershoi, dès la fin du XIXe siècle. Il s'intéresse rapidement aux impressionnistes français par la suite.

« Il voyageait à Paris, pour son travail, et il a commencé à visiter les marchands d'art et les galeries et les musées. Il a commencé à avoir l'idée de [monter] une collection [complète] de l'art du XIXe siècle en France, de Corot à Cézanne », précise la conservatrice associée du MBAC et commissaire de l'exposition, Erika Dolphin.

C'est d'ailleurs de manière chronologique que Trésors impressionnistes est présentée aux visiteurs, regroupant les oeuvres par artistes et par périodes, couvrant une centaine d'années de peinture.

En tout, ce sont 60 tableaux d'impressionnistes et de postimpressionnistes français qui sont rassemblés, incluant huit toiles de Gauguin retraçant son parcours de Paris aux îles Marquises, une esquisse de ce qui deviendra le célèbre Bal du Moulin de la Galette de Renoir ou encore d'émouvantes marines de Monet et de Charles-François Daubigny.

Dans une salle, le visiteur est happé par les jeux d'ombres et de lumière sur le chemin du Moulin à vent de Jean-Baptiste-Camille Corot ou encore par l'éclaircie de la Clairière dans la forêt de Jules Dupré. Dans une autre, il plonge le regard dans celui de Vaite (Jeanne) Goupil de Paul Gauguin ou dans celui de la Femme à l'éventail de Berthe Morisot.

Cette dernière s'avère l'une des deux seules femmes impressionnistes dont les oeuvres sont incluses dans cette exposition, l'autre étant Eva Gonzalès.

« Au niveau des techniques, elles sont [...] aussi capables que les hommes », fait valoir Erika Dolphin. « Ce qui arrive, avec les femmes, et qui est intéressant, surtout à ce moment-là [...] c'est plutôt les lieux auxquels elles avaient accès. Il y avait moins d'opportunités pour les femmes, c'est pour ça qu'il y a en moins. »

Plus restreintes dans leurs déplacements possibles, les artistes telles Berthe Morisot étaient souvent contraintes de travailler à la maison, ce dont elles ont malgré tout su tirer profit par des « représentations plus intimes [dans leurs oeuvres] ».

Le mystère Hammershoi

La dernière pièce de l'exposition se veut « une petite introduction à l'art danois », avec 16 toiles, dont plusieurs de Vilhelm Hammershoi, l'un des peintres scandinaves les plus importants de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Moins connu de ce côté-ci de l'Atlantique, Hammershoi mérite amplement que l'on s'attarde à son travail, certes influencé par les impressionnistes, mais résolument moderne dans sa manière de présenter ses sujets.

« C'est un artiste que même les Danois n'ont pas reconnu au commencement, précise Erika Dolphin. C'est le collectionneur Hansen, qui était avant son temps [qui] l'a appuyé en achetant beaucoup de [ses] tableaux. C'est resté un petit secret [...] c'est vraiment un artiste moderne. Maintenant, il est très recherché », mentionne Erika Dolphin.

Le MBAC a d'ailleurs acquis Un rayon de soleil dans le salon, en 2017. Le tableau est présenté dans cette salle.

Le Musée des beaux-arts du Canada espère attirer plus de 91 000 visiteurs avec cette nouvelle exposition estivale, marque établie par celle présentée autour de l'oeuvre d'Élisabeth Louise Vigée Lebrun, en 2016.

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