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Industrie des pâtes et papiers : Hawkesbury se souvient

Cela fait maintenant 25 ans que le centre de recherche établi par la papetière Canadian International Paper (CIP) à Hawkesbury, dans l'Est ontarien, a officiellement mis fin à ses activités.

Un texte de Denis Babin

Cette fermeture a définitivement tiré un trait sur l'époque où l'industrie des pâtes et papiers faisait tourner l'économie locale.

L'ancien conseiller Yves Drouin en était à ses premiers pas en politique municipale lorsque « la mauvaise nouvelle » est tombée le 8 septembre 1982.

« Quand on est appelé à avoir une réunion d'urgence à 2 h de l'après-midi, on le sait qu'il y a quelque chose de gros qui se passe », explique-t-il.

L'annonce fatidique

Cette journée-là, la CIP avait annoncé, dans un communiqué, « la fin de ses opérations à son usine de pâtes de Hawkesbury » après plus de trois quarts de siècle d'existence.

L'hebdomadaire Le Carillon y a consacré 18 pages.

« Quand nous avons eu l'annonce de la fermeture, tout le monde disait que la ville de Hawkesbury allait fermer. C'était effrayant car 600 emplois étaient perdus du jour au lendemain, 25% de l'assiette fiscale, parce que la CIP, à ce moment-là, payait 25% du budget municipal », raconte Yves Drouin.

Evan Joly était aussi aux premières loges lorsque la cessation des activités de la CIP a été annoncée.

Ce dernier était alors président du syndicat des employés de l'usine.

« Après 29 ans, on ferme les portes. Merci beaucoup! Ça m'a débobiné pas mal », avoue l'homme aujourd'hui âgé de 80 ans.

D'opérateur de grue à plongeur dans un restaurant

Cette fermeture, ajoute-t-il, a créé une onde de choc dans la communauté.

Son orgueil en a particulièrement pris un coup.

« Ça n'a pas été facile. Je te le jure. J'ai fini mes jours comme plongeur à laver la vaisselle à six piasses de l'heure au lieu de 13 piasses de l'heure. Ça fait mal », confie-t-il.

De ses 29 années passées à la CIP, Evan Joly garde notamment deux genoux usés par les longues heures assis à manœuvrer une grue.

« À la fin, j'avais eu une belle crane toute neuve, mais le mal était déjà fait. Le gauche a été opéré en septembre dernier, le droit il y a cinq ans », dit l'octogénaire en pointant ses deux genoux.

D'autres cicatrices, beaucoup plus grosses, sont aussi visibles là où se tenait l'ancienne usine : des morceaux de brique, de ciment et d'asphalte issus des travaux de démolition de l'usine imposés par le gouvernement provincial de l'époque.

Le premier ministre de l'Ontario, Bill Davis, était au téléphone : « On va compenser la perte de taxes que vous allez avoir à condition que vous permettez à la CIP de démolir et d'ensevelir les débris au sol. Ce qui ne serait pas permis aujourd'hui, pas acceptable », lance Yves Drouin.

Travaux de réhabilitation en cours

Fermé beaucoup plus tard en 1991, l'ancien centre de recherche de la CIP est toujours debout.

La bâtisse a été convertie en immeuble à condos.

De son côté, l'étang de rétention, où l'usine rejetait ses boues de papetières, est présentement réhabilité.

Quant au reste de l'ancien terrain de la CIP, qui appartient aujourd'hui à des intérêts privés, il demeure, dans son état actuel, peu propice au développement.

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