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Innovation capitale - Maximiser l’espace entre les sièges d’avion : un projet du Conseil national de recherche du Canada

Le Conseil national de recherche du Canada (CNRC) s'intéresse au confort des passagers en avion et construira un nouvel édifice à Ottawa pour tester l'expérience des voyageurs. L'équipe d'Innovation capitale a visité l'atelier de conception et de fabrication du CNRC, qui célèbre cette année ses 100 ans.

Un texte de Karine Lacoste

Quiconque a voyagé avec l'une ou l'autre des grandes compagnies aériennes a probablement constaté que l'espace entre les sièges, notamment au niveau des jambes, était plutôt exigu.

C'est d'ailleurs le principal irritant pour les passagers interrogés sur leur expérience de vol. Ce facteur semble influencer leur appréciation du voyage aérien, beaucoup plus que la nourriture ou les dispositifs de divertissements proposés.

Difficile en effet d'abaisser son siège en raison du manque d'espace, confie une voyageuse rencontrée à l'aéroport d'Ottawa, Patricia Araujo.

« Des fois, je me rappelle le bon vieux temps, dans les années 1970, où on était bien traités et ça a beaucoup changé », ajoute un autre passager, Philippe Duport.

Les compagnies aériennes, qui limitent l'espace afin d'augmenter leur rentabilité, sont bien conscientes de cet enjeu et cherchent un moyen d'améliorer le confort des passagers tout en maximisant leurs profits.

C'est ce besoin de l'industrie aéronautique que des chercheurs du CNRC ont identifié et qui leur a inspiré le programme « Travailler et voyager à bord d'un aéronef », lancé en 2013.

« On va construire un nouvel édifice dans lequel on va tester l'intérieur, les cabines d'avions », explique Erik Sherwood, directeur des Services de conception et de fabrication du CNRC.

Ce nouvel édifice, dont la construction devrait commencer ce printemps près de l'aéroport d'Ottawa, simulera un terminal où des expériences pourront être menées avec de faux passagers. Ces derniers seront appelés à évaluer différents paramètres, comme la qualité de l'air, la vibration, l'éclairage et la distance entre les sièges.

Fabriquer l'avenir

Lors de notre visite, ça bourdonnait dans l'atelier de conception et de fabrication du Conseil national de recherche du Canada! Comme à l'habitude, plusieurs projets sont menés en parallèle, au gré des besoins des chercheurs.

Ici, on se spécialise dans l'usinage. Sur les tables de travail, des plans précis guident les techniciens responsables de machiner une palme d'éolienne d'un côté et une hélice d'hélicoptère de l'autre.

Le matériel fabriqué servira aux chercheurs du CNRC qui, eux, travaillent afin de soutenir les industries canadiennes. « On fabrique des prototypes et des appareils expérimentaux pour [appuyer] la recherche », précise M. Sherwood.

100 ans d'innovation canadienne

En 2016, le Conseil national de recherche du Canada célèbre son centième anniversaire. Alors qu'au début du siècle dernier, la plupart des recherches portaient sur des enjeux militaires, agricoles ou liés à l'exploitation des ressources naturelles, les intérêts du CNRC se sont depuis largement diversifiés.

Le CNRC est notamment responsable des horloges atomiques, qui indiquent l'heure officielle du Canada. Connectées aux serveurs du CNRC, ce sont elles qui génèrent l'heure affichée automatiquement sur les ordinateurs au pays.

Le signal horaire qu'on peut entendre à midi à l'antenne d'ICI Radio-Canada Première est également basé sur ces horloges extrêmement précises.

Le CNRC est aussi un pionnier dans le domaine médical. C'est d'ailleurs un chercheur de l'Institut des sciences biologiques du CNRC, Harold Jennnings, qui a mis au point le vaccin contre le méningocoque C. Cette percée permet de sauver la vie de milliers d'enfants.

Difficile d'imaginer où le CNRC en sera dans un autre 100 ans, affirme Erik Sherwood. Mais une chose est certaine, les technologies continueront d'évoluer et l'organisme devra continuellement s'adapter, afin que les avancées scientifiques canadiennes continuent de faire la fierté de cette institution.

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