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Innovation capitale - MécènESS rêve de « devenir le ''Kickstarter'' francophone »

Créée à Ottawa, MécènESS est une plateforme de sociofinancement en ligne, qui vise à promouvoir des projets collectifs dans la francophonie mondiale.

Un texte de Karine LacosteTwitterCourriel

Le sociofinancement est une option intéressante pour les organismes souhaitant diversifier leurs sources de financement, affirme la présidente-directrice générale Ethel Côté.

« Si on a juste une source [de financement], le jour où elle tire la corde, on n'en a plus. C'est là que nos projets - qui répondent peut-être encore à beaucoup de projets dans notre communauté - sont à risque », explique-t-elle.

Depuis 1983, Ethel Côté accompagne les organismes communautaires dans leur diversification financière.

Au cours des dernières années, en observant ce qui se faisait ailleurs - comme le site Kickstarter - elle a constaté une lacune dans la francophonie. « Il manquait une façon d'utiliser les technologies de l'information pour mobiliser des réseaux plus larges », se souvient-elle.

Elle investit alors des fonds personnels pour créer MécènESS, qui propose un amalgame de services uniques : de la formation en entrepreneuriat, à la comptabilité et à l'administration, en passant par des études de marché et de l'accompagnement en recherche et développement, entre autres.

Pour financer ses services, MécènESS touche 3 % de l'argent récolté lors des campagnes de sociofinancement.

L'exemple du REPFO

En ce moment, une dizaine de projets sont en cours de financement sur la plateforme en ligne MécènESS, comme celui de la rénovation du Centre francophone de Thunder Bay ou celui du Centre espoir Sophie d'Ottawa qui vise à réduire la sécurité alimentaire des femmes vulnérables. 

« Ce sont vraiment des projets qui changent les communautés, portés par des leaders des communautés », souligne Ethel Côté.

Parmi ces projets, on retrouve également celui du Regroupement ethnoculturel des parents francophones de l'Ontario (REPFO). L'organisme lance une coopérative jeunesse pour que des jeunes issus de la diversité créent leur propre emploi à l'été 2016.

Pour couvrir les besoins de leur coopérative, ils sollicitent l'appui de mécènes, afin d'amasser 2500 $. Cette somme leur permettra d'équiper les jeunes pour des travaux de jardinage, en achetant, entres autres, une tondeuse à gazon et des gants.

Comme l'explique le responsable du projet au REPFO, Body Ngoy, il est souvent plus difficile pour les jeunes issus de minorités culturelles de se trouver un emploi étudiant, parce qu'ils n'ont pas de réseau ni d'expérience de travail au Canada.

Boudés par les employeurs, qui privilégient les curriculum vitae bien garnis, les jeunes de la communauté souhaitent prendre leur avenir en main.

« On va commencer par notre propre entreprise, notre propre travail. Comme ça, on va accumuler plus d'expérience », lance Nicole Olenga, intéressée par le projet de coopérative du REPFO.



Changement de mentalité

À l'aide de la plateforme MécènESS, Ethel Côté souhaite amener les promoteurs de projets à être plus autonomes et à utiliser les technologies pour contribuer au développement de leur communauté.

Il reste par ailleurs encore beaucoup d'apprentissages à faire, note la femme d'affaires.

« Les gens n'ont pas encore l'esprit totalement entrepreneurial », s'aperçoit-elle. Ils ont le réflexe de mettre en ligne leur projet, puis d'attendre passivement les fonds.

Malheureusement, l'agent n'arrive pas seul. Il y a un « job de bras » à faire, rapelle Mme Côté, pour faire connaître les initiatives porteuse... sans quoi, elles risquent d'être ignorées.

C'est dans ce contexte que MécènESS s'inscrit comme un outil pratique pour les groupes souhaitant concrétiser des projets collectifs.

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