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Inondations : des sinistrés contrariés par les retards et contradictions

Quatre mois après les inondations du printemps dernier, des sinistrés commencent à recevoir les rapports d'évaluation du ministère de la Sécurité publique, qui déterminent les coûts des travaux à des résidences. Mais les informations sont parfois contradictoires, et arrivent au compte-gouttes.

Un texte de Laurence Niosi

Jocelyn Alarie, résident de Saint-André-d'Argenteuil, dans les Laurentides, a été un des premiers sinistrés à recevoir son rapport d'inspection du gouvernement. Il aurait ainsi droit à 92 000 $ de rénovations.

Or, quand il s’est rendu aux bureaux de la Municipalité trois jours plus tard, celle-ci a refusé de lui accorder le permis de reconstruire. Pour justifier ce refus, la Ville a cité les propres règles du gouvernement.

Les dommages à la maison de M. Alarie seraient évalués à plus de 50 % du coût de reconstruction à neuf, lui aurait-on dit. Selon le décret provincial sur la rénovation des maisons inondées dans les zones de grands courants, sa demeure devra donc être démolie.

Jocelyn Alarie résume le message que lui envoie le gouvernement : « Oui, tu peux [rénover], mais non, tu ne peux pas. »

« Déjà là que ça fait trois mois qu'on attend les documents, pendant trois jours ils nous font rêver pour nous mettre à terre. Ça ne se fait pas », dénonce M. Alarie, qui vit dans un motel depuis les inondations.

Selon le maire de Saint-André-d’Argenteuil, André Jetté, il s’agit néanmoins d’un cas particulier. Le rapport envoyé à M. Alarie comportait des informations incomplètes, dit-il, notamment sur la valeur des rénovations, qui n’apparaissait pas. Des démarches sont en cours auprès du gouvernement pour obtenir une nouvelle version du rapport, assure-t-il.

De la grogne partout

Néanmoins, la grogne ne faiblit pas dans les municipalités où les résidents ont commencé à recevoir les rapports d'évaluation.

À Pontiac, dans l'Outaouais, certains résidents ne sont pas d'accord avec l'évaluation, d'autres veulent faire les travaux eux-mêmes.

Le maire Roger Larose estime que le gouvernement doit prendre ses responsabilités. « Ça fait quelques semaines qu'on demande à la Sécurité publique d'ouvrir un bureau à Pontiac pour que les citoyens puissent aller poser leurs questions. Quand je rencontre les citoyens, je leur dis : "Je vous comprends de ne pas être d'accord avec la décision. Nous, on ne peut pas faire plus que ca" », déplore-t-il.

Même son de cloche de la part du maire de Saint-André-d’Argenteuil. « Que le ministère mette ses culottes et aille voir ces gens-là [dont les maisons seront démolies] pour leur dire. Ça ne sera pas la Municipalité qui le fera, ce n’est pas vrai », ajoute-t-il.

Il affirme avoir rencontré de « nombreux citoyens » qui ont reçu des informations contradictoires de la part du gouvernement.

Si certains sinistrés ont reçu leur rapport d'évaluation, la plupart d’entre eux – notamment à Pointe-Calumet et à L’Île-Bizard – attendent encore de savoir s'ils pourront reconstruire leur demeure.

Le 11 juillet dernier, le ministère de la Sécurité publique avait fait savoir que les rapports d’inspection des résidences affectées par les inondations seraient terminés dans cinq semaines, soit vers la fin de cette semaine.

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