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Inondations : la nouvelle cartographie du Grand Montréal a débuté

Des chercheurs ont commencé lundi à cartographier les rives de l'île Bizard, dans l'ouest de Montréal. Le projet Archipel, mené par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), vise à mieux prédire les inondations et leurs conséquences, de façon à éviter le désastre du printemps dernier.

L'an dernier, 24 municipalités et 5 arrondissements montréalais ont été touchés par la crue des eaux.

Au plus fort de ces inondations, la CMM a fait réaliser des photos aériennes des zones inondées qui lui seront fort utiles pour la suite.

Durant les prochains mois, une équipe d'experts utilisera ces photos, mais aussi d'autres techniques, afin de revoir de fond en comble l'ancien modèle de prédiction des crues, qui date des années 70.

Prédire le comportement des rivières en temps de crue est devenu une nécessité en milieu urbain, fait valoir Émilie Charbonneau, conseillère en recherche pour la CMM.

« Au niveau des précipitations, particulièrement au printemps, les projections climatiques pour la région du sud du Québec s'entendent toutes pour dire qu'il y aura de plus en plus de pluie, et particulièrement des événements extrêmes », mentionne-t-elle.

Le relief du lit du cours d'eau, la profondeur, l'écoulement des eaux : sur le terrain, les chercheurs vont tout analyser afin d'obtenir la cartographie le plus précise possible.

« Après ça, l'objectif, c'est de transposer ça dans un outil qui est simple d'usage, même pour les citoyens [et] les politiciens qui ont des décisions à prendre », explique Mme Charbonneau.

En 3D et en temps réel, la nouvelle cartographie reproduira le mouvement d'une rivière lorsqu'elle se gonfle sous l'effet d'un grand apport d'eau. Et l'outil informatique, quand il sera prêt, sera en mesure d'indiquer les quartiers et même les maisons touchés par une inondation.

Encore mieux : il va anticiper ce qui se va se produire à court terme.

« Prédire ou identifier ce qui se produit présentement, c'est très bien, mais le citoyen, lui, en ouvrant sa porte, il voit très bien où est rendue l'eau, convient Pierre Dupuis, ingénieur hydraulicien. Ce n'est pas ça qui l'intéresse. Ce qui l'intéresse, c'est de savoir : "Demain, est-ce que l'eau va être rendue dans ma maison ou pas?" C'est ça qui l'intéresse. Et c'est ce qu'on veut lui donner, au moins sur un horizon de deux ou trois jours. »

Ces données, accessibles par une plateforme web, permettront d’améliorer la cohésion des interventions en matière de sécurité civile, fait valoir la CMM.

L'outil devrait être prêt en 2020 pour l'ensemble de l'archipel, précise Normand Marinacci, maire de l'arrondissement de L'Île-Bizard–Sainte-Geneviève. « Mais pour nous, vu que nous sommes les premiers [...], on devrait avoir nos cartes d'ici le mois de novembre ou de décembre de cette année », se réjouit-il.

Le projet Archipel est financé par le gouvernement du Québec dans le cadre de son Plan d’action en matière de sécurité civile relatif aux inondations.

Cette mise à jour de la cartographie en zones inondables devrait coûter 5,5 millions de dollars.

Les cours d’eau visés sont : le fleuve Saint-Laurent, la rivière des Prairies, la rivière Richelieu, le lac des Deux Montagnes, le lac Saint-Louis, la rivière des Mille-Îles et la rivière Saint-Jacques.

D'après le reportage de Normand Grondin

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