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Inondations printanières : de faux microbiologistes dupent des sinistrés

Des travailleurs non qualifiés ont effectué des travaux de rénovation après-sinistre et de décontamination en Outaouais après les inondations printanières, selon des informations obtenues par Radio-Canada.

Alors que la région se relève de ces inondations, bon nombre de sinistrés n'ont pas terminé leurs travaux de rénovation et doivent redoubler de vigilance dans leur choix d'entrepreneur, car certains d'entre eux n'auraient pas les qualifications requises pour exercer.

Entre 10 et 15 entrepreneurs ont pressé l'Association des microbiologistes du Québec (AMQ) pour obtenir une preuve de compétence, sans en avoir les qualifications.

« Ce ne sont pas des demandes auxquelles on a donné suite, mais on a pu voir qu'il y avait un intérêt beaucoup plus grand autour des inondations de personnes qui subitement devenaient microbiologistes et avaient besoin d'être membre de l'organisation pour faire la promotion de leurs affaires, ce qui se trouvait finalement à être des faux microbiologistes », a expliqué le président de l'AMQ, Patrick Paquette, en entrevue à Radio-Canada.

Des entrepreneurs sans permis valide de la Régie du bâtiment et sans qualification de microbiologiste offraient d'abord leurs travaux gratuitement, avant de présenter une facture aux sinistrés à la fin des rénovations.

Problèmes de santé graves

Bien qu'ils s'avèrent moins coûteux, les travaux effectués par un microbiologiste non qualifié peuvent entraîner de graves problèmes de santé.

« Si on referme les murs trop rapidement, qu'il reste de l'humidité, des champignons, ces champignons-là vont profiter de la noirceur et de l'environnement clos, de l'entre mur, pour se multiplier, infester la maison et ultimement, après quelques mois, quelques années, on peut se retrouver avec un problème qui va avoir pris une importance colossale », a précisé M. Paquette. « Cela peut rendre les gens malades ».

Par ailleurs, la Régie du bâtiment du Québec rappelle qu'il est très important de vérifier sur son site internet si un entrepreneur détient une licence valide avant et pendant les travaux, car elle peut devenir invalide à tout moment.

Il faut aussi redoubler de prudence avant d'accepter les services d'un entrepreneur qui fait du porte-à-porte, conseille le porte-parole de l'Office de la protection du consommateur, Charles Tanguay.

« Si un commerçant fait du porte-à-porte, il doit détenir un permis de vendeur itinérant de l'Office de la protection du consommateur, ce permis s'accompagne d'un cautionnement, c'est-à-dire qu'il a versé un montant d'argent en cas de recours contre ce commerçant-là s'il disparaissait », a précisé M. Tanguay.

Absence d'ordre professionnel

M. Paquette déplore aussi le fait qu'il n'existe pas d'ordre professionnel pour encadrer la profession de microbiologiste.

« Au Québec, la microbiologie n'est pas une profession réglementée, il n'y a pas d'ordre qui encadre la microbiologie et ça, ça permet à monsieur et madame tout le monde qui voudrait bien s'improviser microbiologiste, de le faire », a indiqué M. Paquette.

Avec les informations de Guillaume Dumont

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