Ismael Habib demeurera derrière les barreaux au moins jusqu'au 18 mars, le temps que le juge qui a entendu sa cause rende sa décision sur sa remise en liberté.

L'homme de 28 ans était de retour au palais de justice de Gatineau, mardi, pour une affaire de violence familiale. Ismael Habib est accusé de harcèlement criminel, de menaces de mort, d'emploi d'un document contrefait et de possession d'une pièce d'identité appartenant à un tiers.

Appelé à la barre, son beau-père l'a décrit comme un jeune homme respectueux. Mohammed Hammaouya a raconté en pleurant que sa propre fille, mariée à Ismael Habib, s'était, elle, radicalisée et se trouve peut-être en Syrie à l'heure actuelle avec les enfants du couple. 

Selon lui, son gendre n'est pas radicalisé, mais chercherait simplement à appronfondir sa connaissance de la religion. 

Mohammed Hammaouya a dit savoir que la GRC a ciblé son gendre, mais ignorait qu'Ismael Habib possédait de faux documents lors de son arrestation. 

Son avocat, Me Jacques Belley, souhaite démontrer que son client ne représente pas de risque et que celui-ci sera présent lors des prochaines étapes judiciaires.

Me Belley a indiqué qu'il pourrait demander à ce que le montant de la caution pour la remise en liberté de son client soit plus élevé, en guise de bonne foi.

Ismael Habib aurait, entre autres, menacé sa présumée victime de faire exploser sa voiture.

Mandat de la GRC

L'accusé, dans une tout autre affaire, fait l'objet d'un mandat d'arrestation de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), qui le soupçonne de vouloir commettre un acte terroriste.

Ismael Habib sera d'ailleurs transféré à Montréal cette semaine pour comparaître devant un juge. La Cour pourrait alors lui imposer des conditions de remise en liberté même si aucune accusation liée au terrorisme n'est portée contre lui. 

Ismael Habib se serait vu retirer son passeport, parce que les autorités craindraient de le voir quitter le pays pour joindre le groupe armé État islamique (EI), en Syrie.

La semaine dernière, une photo de sa femme prise dans ce pays, enfant et fusil d'assaut dans les bras, a été présentée en cour.

Des éléments qui nuisent aux chances d'Ismael Habib d'être remis en liberté dans son autre cause de violence familiale, selon son avocat.

« C'est certain que ça ne nous aide pas que de dire qu'un gars veut fuir le pays, qu'il a de fausses pièces d'identité. On a parlé d'un faux passeport, le juge d'ailleurs veut voir le passeport, mais cela a l'air compliqué », a affirmé Jacques Belley dans un point de presse.

La Couronne s'oppose à la remise en liberté de l'accusé. La procureure, Marie-Josée Genest, estime que des éléments de preuve corroborent des déclarations que la présumée victime a faites aux policiers, notamment à propos des faux papiers d'identité qu'aurait utilisés Ismael Habib.

« Par exemple il y a le faux permis de conduire au nom d'Alexandre Fortin. Madame le mentionne dans sa déclaration, sans savoir que Monsieur a été arrêté par les policiers, il a le nom d'Alexandre Fortin, et qu'est-ce qu'on retrouve sur Monsieur? Un faux permis de conduire vraiment très bien fait au nom d'Alexandre Fortin. Elle mentionne que Monsieur utilise ce permis de conduire pour faire des transferts en Turquie », avance la Couronne.

La GRC souhaite que l'homme s'engage à ne pas troubler la paix au cours de la prochaine année.

Sécurité accrue

Ceux qui souhaitaient assister à son enquête sur remise en liberté devaient montrer patte blanche.

Pour la première fois dans cette affaire, un contrôle de sécurité accru est en place au palais de justice, où les visiteurs ont été fouillés, en plus de devoir montrer une pièce d'identité avant d'entrer en salle de cour.

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