Le Canada n'a eu aucune médaillée en longue piste aux Jeux de Sotchi. Il peut espérer mieux sur l'anneau de Pyeongchang avec une équipe féminine dynamisée par Ivanie Blondin. La patineuse d'Ottawa est gonflée à bloc pour une nouvelle saison qui la conduira à ses deuxièmes Jeux, où elle ambitionne d'être multimédaillée.

Un texte de Guillaume Boucher

À Sotchi, où elle a fini 14e au 5000 m, 24e au 3000 m et 5e en poursuite par équipe, Ivanie Blondin dit avoir appris « ce qu’il faut faire pour réussir de bonnes performances et décrocher des médailles ».

La saison suivante, elle n’était déjà plus la même patineuse. Elle est devenue une abonnée du top 10 au 3000 m et au 5000 m. Et de succès en succès, elle a décroché le titre au classement général de la Coupe du monde en départ groupé.

« L’année après Sotchi, j’ai fini première en départ groupé à la première Coupe du monde, se souvient-elle. À partir de là, ç’a commencé à rouler. »

Le départ groupé, inscrit au programme olympique pour la première fois à Pyeongchang, fait appel à quelque chose de naturel chez Ivanie Blondin. Les sensations dans le peloton, la gestion de l’effort avec des sprints intermédiaires, les dépassements, les accrochages : son ancienne vie de patineuse courte piste, qu’elle a délaissée quand elle avait 20 ans, lui a donné des repères pour gérer tout ça.

« En départ groupé, il faut être très agressif. C’est une de mes spécialités, explique la patineuse de 27 ans quand on lui demande de tracer un parallèle avec le courte piste. Je joue du coude sans craindre d’être disqualifiée. Ça me donne un avantage. Je n’ai pas peur. »

« Ces années de courte piste, ça m’aide à savoir où sont mes compétitrices, ce qui va se passer, poursuit-elle. D’avoir fait du courte piste, ça me donne un avantage sur les filles qui ont seulement fait du longue piste. »

Souvent seule

Le départ groupé est une épreuve très tactique, où les stratégies d’équipe peuvent être payantes, un peu comme dans les courses cyclistes. Mais au cours des dernières années, le Canada n’a pas placé sur la ligne de départ une autre patineuse du niveau d’Ivanie Blondin.

Mais Ivanie Blondin s’accommode très bien de cette « solitude ». « C’est plus difficile pour moi, mais je n’ai jamais eu peur d’embarquer sur la glace seule, sans coéquipière, insiste-t-elle. C’est plus difficile d’aller chercher des médailles et de finir première, mais j’apprends beaucoup de choses dans cette position-là. »

« On va aller chercher une fille qui pourra m’aider à gagner une médaille olympique », lançait-elle cet été à propos d’une coéquipière qui pourrait l’épauler à Pyeongchang en départ groupé. Ce dossier se précisera sans doute au cours de la saison.

À Heerenveen, ce week-end, il n’y aura que Keri Morrison pour l’aider, une patineuse qui en sera à sa première Coupe du monde après être passée du courte piste au longue piste il y a deux ans seulement.

Programme chargé

Le départ groupé est l’épreuve dans laquelle Ivanie Blondin monte le plus régulièrement sur le podium. Elle en a fait une priorité pour Pyeongchang. Mais elle rêve d’autres médailles olympiques : surtout au 3000 m, au 5000 m et en poursuite par équipe, qui l’occupent aussi beaucoup.

Son programme volumineux la force à empiler les kilomètres à l’entraînement et à « choisir ses batailles » en Coupe du monde, quand les compétitions sont concentrées en trois jours. Aux Jeux, avec plusieurs jours de repos entre chacune de ses épreuves, elle pourra souffler un peu plus et mieux récupérer.

Comme tous les bons patineurs de longues distances, Ivanie Blondin dose bien ses efforts, gère bien la fatigue et, surtout, sait repousser ses limites lorsque l’enjeu le commande. « Je peux pousser au point où je n’ai plus d’énergie après une course, ça me donne un avantage », dit-elle fièrement.

Elle n'a que 27 ans, un âge où on est encore jeune en longue piste. On a sans doute pas encore vu le meilleur de ce qu'elle a à offrir.

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